Handicap - Digiformag https://www.digiformag.com/handicap/ Le magazine de la formation professionnelle Wed, 03 Dec 2025 15:50:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 Formation et handicap : parlons obligations ! https://www.digiformag.com/formation-et-handicap-parlons-obligations/ https://www.digiformag.com/formation-et-handicap-parlons-obligations/#respond Wed, 03 Dec 2025 15:50:02 +0000 https://www.digiformag.com/?p=22788 Les chiffres sont sans appel : l’an dernier, le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteignait 12 %, bien au-dessus de la moyenne nationale qui est de 7 %. En 2024, ces dernières représentaient à peine 1,6 % des contrats d’apprentissage, alors qu’elles constituent 4,3 % des actifs en emploi.  Ces écarts […]

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Les chiffres sont sans appel : l’an dernier, le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteignait 12 %, bien au-dessus de la moyenne nationale qui est de 7 %. En 2024, ces dernières représentaient à peine 1,6 % des contrats d’apprentissage, alors qu’elles constituent 4,3 % des actifs en emploi. 

Ces écarts soulignent l’urgence d’agir, et les organismes de formation se trouvent en première ligne. Mais quelles sont leurs obligations légales ? 

Lutter contre la discrimination : un droit fondamental

Garantir un accès équitable à la formation n’est pas une option, c’est une obligation ! 

L’article L.111-1 du Code de l’éducation impose aux OF d’adopter des mesures concrètes pour assurer l’égalité des chances : locaux accessibles, supports pédagogiques adaptés et évaluations personnalisées.

Dans la pratique, cependant, des obstacles subsistent. Les bâtiments difficiles d’accès et le manque de sensibilisation des équipes pédagogiques constituent encore des freins majeurs. Pourtant, les solutions sont à portée de main : des outils numériques adaptés, les référents handicap, ou encore des formations dédiées aux formateurs permettent de s’adapter, voire même de dépasser les simples exigences légales.

Le référent handicap : un rôle clé dans les CFA

Depuis 2018, la loi impose également aux CFA de désigner un référent handicap. Ce poste, loin d’être symbolique, est stratégique. Le référent est chargé de coordonner l’adaptation des parcours de formation, d’accompagner les apprenants et de sensibiliser l’ensemble des équipes.

Ce rôle implique des compétences variées : écoute, pédagogie, compréhension des enjeux liés aux handicaps. Pour être pleinement efficace, ce référent doit bénéficier d’une formation continue sur les types de handicap et les outils disponibles. Il doit également être soutenu par des ressources adaptées pour mener à bien sa mission.

Accessibilité des locaux : aller au-delà des obligations

Les établissements recevant du public, y compris les OF, doivent respecter les normes d’accessibilité de la loi de 2005. Ces normes couvrent tous types de handicaps (moteur, visuel, auditif, cognitif) et se traduisent par des aménagements spécifiques : rampes d’accès, ascenseurs, sanitaires adaptés, signalétique claire, etc.

Cependant, l’accessibilité ne se limite pas à ces mises aux normes initiales. C’est un processus qui doit évoluer, et qui nécessite une réflexion continue pour répondre aux besoins des usagers, en interrogeant les stagiaires en situation de handicap sur les difficultés ressenties. 

Adapter les formations : une nécessité pédagogique

Une formation qui ne s’adapte pas est une formation qui exclut de fait. 

Les OF doivent faire évoluer leurs contenus pour s’adapter : supports en braille, vidéos sous-titrées, documents audio, ou encore synthèses vocales. Les modalités d’évaluation doivent également être révisées, en proposant des épreuves orales, un temps supplémentaire ou une assistance technique aux personnes handicapées.

Ces adaptations ne se limitent pas à des obligations légales. Elles participent d’une démarche pédagogique qui bénéficie à l’ensemble des apprenants en rendant l’apprentissage plus accessible et inclusif.

Qualiopi : inclusion et qualité main dans la main

La certification Qualiopi impose aussi aux OF de prouver leur engagement en faveur des personnes handicapées. Cela passe par des actions concrètes : adaptation des formations, communication accessible, et suivi du plan d’action.

Mais Qualiopi ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative. C’est une opportunité : les organismes qui s’appuient sur cette certification pour valoriser leurs actions inclusives se positionnent comme des acteurs de référence dans le paysage de la formation professionnelle.

Bref, faire de la formation un levier d’inclusion pour les personnes en situation de handicap est une véritable responsabilité pour favoriser l’accès à l’emploi et la formation des porteurs de handicap. En dépassant les simples exigences réglementaires, les OF peuvent jouer un rôle décisif dans la lutte contre les inégalités.

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Le rôle du référent handicap en organisme de formation en 2026 https://www.digiformag.com/le-role-du-referent-handicap-en-organisme-de-formation-en-2026/ https://www.digiformag.com/le-role-du-referent-handicap-en-organisme-de-formation-en-2026/#comments Wed, 17 Sep 2025 12:48:04 +0000 https://www.digiformag.com/?p=22238 Le référent handicap s’est imposé comme un pilier des organismes de formation en 2025. Son rôle, consolidé par les dernières évolutions législatives et l’adoption généralisée de la certification Qualiopi, dépasse désormais la simple question de conformité pour s’ancrer dans une véritable démarche de pédagogie inclusive. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’après l’Agefiph en 2023, à […]

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Le référent handicap s’est imposé comme un pilier des organismes de formation en 2025. Son rôle, consolidé par les dernières évolutions législatives et l’adoption généralisée de la certification Qualiopi, dépasse désormais la simple question de conformité pour s’ancrer dans une véritable démarche de pédagogie inclusive.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’après l’Agefiph en 2023, à peine 1,4 % des contrats d’apprentissage et 2,5 % des contrats de professionnalisation concernaient des travailleurs handicapés – alors même qu’ils représentent 7,1 % de la population active. Ces écarts révèlent les obstacles tenaces qui persistent dans l’inclusion des personnes handicapées en formation professionnelle.

Pourtant, la formation demeure un tremplin essentiel vers l’insertion pour les 12 millions de Français en situation de handicap. L’accès à des parcours adaptés n’est pas qu’une question d’égalité des chances – c’est aussi une réponse concrète aux besoins croissants de compétences sur un marché du travail en tension permanente.

Dans ce contexte, le référent handicap occupe une position stratégique en garantissant que chaque apprenant, quel que soit son handicap, puisse suivre sa formation dans les meilleures conditions possibles. Plus qu’un simple expert technique, il est devenu l’architecte de l’inclusion, celui qui orchestre les interactions entre différents acteurs tout en veillant à la conformité de l’organisme avec les exigences réglementaires toujours plus strictes.

Cet article décrypte les multiples facettes du référent handicap en 2025 : son cadre réglementaire parfois nébuleux, ses missions fondamentales souvent méconnues, ainsi que les obstacles quotidiens qu’il affronte.

Référent handicap : sa genèse et les évolutions récentes du cadre réglementaire

L’émergence du référent handicap dans les organismes de formation résulte d’une évolution pas à pas des textes législatifs visant à garantir une véritable inclusion des personnes handicapées dans le monde de la formation.

La loi du 11 février 2005 : premiers fondements de l’accessibilité en formation

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances a posé les fondations essentielles en matière d’inclusion. Elle a introduit le principe fondamental du droit à la compensation du handicap, dont l’accès à la formation est partie intégrante. Cette législation a contraint les structures de formation à rendre accessibles leurs locaux, outils et dispositifs, tout en proposant des aménagements adaptés tout au long du parcours de formation.

La loi « Avenir Professionnel » de 2018 et l’obligation de désignation

Un tournant décisif s’est opéré avec la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Elle a instauré deux dispositions cruciales :

  • L’obligation de certification qualité (Qualiopi) pour tout organisme souhaitant bénéficier de fonds publics ou mutualisés.
  • La désignation obligatoire d’un référent handicap dans toute entreprise de 250 salariés ou plus (article L5213-6-1 du Code du travail).

Pour les organismes de formation, même sans seuil d’effectif minimum, la généralisation de la démarche Qualiopi a rendu la nomination d’un référent handicap pratiquement incontournable pour satisfaire aux exigences d’accessibilité et d’accompagnement des personnes handicapées.

La certification Qualiopi et le décret du 6 juin 2019

Le décret du 6 juin 2019 a instauré un référentiel national qualité unique (Qualiopi) qui impose aux organismes de formation de démontrer leur capacité à accueillir et accompagner les personnes en situation de handicap. Sur les 32 indicateurs du référentiel, 7 concernent directement le handicap, dont l’indicateur 26 du critère 6 qui exige la désignation d’un référent handicap et la garantie de l’accessibilité des formations.

Le non-respect de cet indicateur entraîne une non-conformité majeure susceptible de compromettre l’ensemble de la certification et, par ricochet, l’accès aux financements publics.

Le renforcement des exigences en 2026 : nouvelles mesures et réformes

Cette année, le cadre réglementaire s’est encore musclé avec plusieurs évolutions notables :

  • Depuis janvier 2022, ignorer les besoins spécifiques des personnes handicapées dans la formation peut être qualifié de discrimination.
  • Le Gouvernement a fixé des objectifs ambitieux d’accessibilité, comme la généralisation du « passeport accessibilité » numérique.
  • Une nouvelle loi sur le handicap en cours de réflexion, actuellement en consultation citoyenne, viserait à renforcer davantage l’inclusion et l’accessibilité.
  • Les réformes récentes soulignent la nécessité d’individualiser l’accompagnement des personnes handicapées en adaptant les parcours de formation.

Ces évolutions législatives ont progressivement consolidé le rôle du référent handicap en le positionnant comme une figure centrale de l’inclusion dans les organismes de formation avec des responsabilités et des missions toujours plus précises et exigeantes.

Les missions clés du référent handicap en 2026

En 2026, le référent handicap occupe toujours une place centrale dans les organismes de formation, avec des missions qui se sont affinées et enrichies au fil des évolutions réglementaires. Son rôle transcende largement la simple conformité légale pour s’inscrire dans une approche globale d’inclusion et de qualité.

#1. Garantir l’accessibilité physique et numérique

Le référent handicap veille à ce que les locaux, équipements et plateformes numériques soient accessibles conformément à la réglementation sur les établissements recevant du public (ERP) et aux normes d’accessibilité numérique.

Concrètement, cela implique :

  • L’évaluation périodique de l’accessibilité des sites.
  • La mise en place de signalétiques adaptées.
  • L’installation d’équipements spécifiques (rampes d’accès, ascenseurs, boucles magnétiques…).
  • La vérification de l’accessibilité des plateformes d’apprentissage en ligne (conformité RGAA).

#2. Accompagner de manière personnalisée les apprenants en situation de handicap

L’accompagnement individualisé constitue le cœur de métier du référent handicap. Il accueille les personnes handicapées, analyse leurs besoins particuliers et propose des aménagements sur mesure.

Cette mission englobe :

  • L’évaluation des besoins dès l’entrée en formation.
  • La construction d’un parcours formatif adapté.
  • Le suivi continu de l’apprenant durant sa formation.
  • L’anticipation et la résolution des difficultés potentielles.

En 2026, cet accompagnement s’appuie de plus en plus sur des outils d’évaluation standardisés, comme la grille d’analyse des besoins fournie par l’Agefiph.

#3. Adapter les supports et méthodes pédagogiques

Le référent handicap collabore étroitement avec les équipes pédagogiques pour ajuster supports et méthodes d’enseignement.

Cette mission fondamentale comprend :

  • La création de supports accessibles (braille, sous-titrage, transcription audio…).
  • L’adaptation des approches pédagogiques selon les types de handicap.
  • L’aménagement des modalités d’évaluation.
  • L’exploration de solutions innovantes pour faciliter l’apprentissage.

#4. Former et sensibiliser les équipes

Pour cultiver une véritable culture inclusive, le référent handicap organise des actions de formation et de sensibilisation auprès des formateurs et du personnel administratif.

Ces initiatives visent à :

  • Déconstruire les préjugés sur le handicap.
  • Former aux bonnes pratiques d’accueil et d’accompagnement.
  • Partager des méthodes pédagogiques adaptées.
  • Développer les compétences en accessibilité numérique.

#5. Coordonner la politique handicap en interne et avec les partenaires extérieurs

Le référent handicap joue un rôle pivot de coordination entre les différentes parties prenantes :

  • En interne, il assure la liaison entre direction, équipes pédagogiques et administratives.
  • En externe, il collabore avec un réseau de partenaires spécialisés (Agefiph, MDPH, Cap Emploi…).
  • Il simplifie les démarches administratives des apprenants (RQTH, aides financières…).
  • Il s’implique activement dans les réseaux de référents handicap pour mutualiser les pratiques exemplaires.

#6. Assurer une veille réglementaire et la conformité Qualiopi

Enfin, le référent handicap doit rester informé des évolutions législatives et réglementaires concernant l’accessibilité et l’inclusion pour garantir la conformité de l’organisme. 

Cette diversité de missions fait du référent handicap un professionnel aux multiples casquettes – expert technique, médiateur, pédagogue et garant de la qualité des formations pour tous les publics.

Quelles sont les difficultés concrètes rencontrées par les référents handicap ?

Malgré l’importance grandissante de leur fonction, les référents handicap se heurtent à de nombreux obstacles dans l’exercice quotidien de leurs missions. Ces difficultés brident parfois leur capacité à déployer une démarche d’inclusion pleinement efficace.

La reconnaissance et la valorisation du rôle au sein de l’organisation

Le référent handicap doit souvent batailler pour faire reconnaître la valeur de sa mission. Dans bien des structures, il pâtit d’un déficit de légitimité auprès de certains acteurs et manque cruellement de moyens – temps dédié, budget ou ressources humaines. Sa position hiérarchique s’avère parfois inadaptée pour peser sur les décisions stratégiques, tandis que persiste la vision erronée que l’inclusion serait une charge plutôt qu’un investissement. Cette situation est d’autant plus problématique que le référent handicap nécessite un soutien institutionnel solide pour mobiliser efficacement l’ensemble des équipes.

L’identification et l’accompagnement des besoins spécifiques

Détecter et répondre aux besoins des apprenants handicapés constitue un autre défi majeur pour plusieurs raisons. La variété des handicaps, notamment les handicaps invisibles comme les troubles DYS, les maladies chroniques ou les troubles psychiques – qui représentent 80 % des situations – rend l’identification complexe. La réticence de certains apprenants à déclarer leur handicap par crainte de stigmatisation complique davantage la tâche. 

S’ajoute à cela la complexité de l’évaluation des besoins nécessitant souvent une expertise pluridisciplinaire, alors même que les outils standardisés d’analyse font parfois défaut. Ces obstacles exigent une approche fine et personnalisée, généralement chronophage pour le référent handicap.

L’adaptation des contenus et des locaux avec des ressources parfois limitées

Assurer l’accessibilité des supports pédagogiques et des locaux demeure un défi considérable, particulièrement en raison des coûts d’adaptation des infrastructures, souvent prohibitifs pour les petites structures. La nécessité de produire des supports en multiples formats selon les types de handicap (braille, FALC, audio-description) représente un investissement conséquent. 

Les contraintes architecturales liées à certains bâtiments anciens restreignent parfois les possibilités d’aménagement, tandis que le manque d’expertise technique spécifique pour certaines adaptations numériques freine la mise en accessibilité des contenus. Ces limitations matérielles et financières peuvent singulièrement amoindrir l’ambition des projets d’accessibilité.

La formation continue des équipes pédagogiques

Former et sensibiliser l’ensemble du personnel représente un autre enjeu de taille pour le référent handicap. Le turn-over des formateurs, notamment dans les structures employant de nombreux intervenants externes, contraint à reprendre régulièrement les actions de sensibilisation.

La résistance au changement de certains collaborateurs peu sensibilisés au handicap nécessite un effort soutenu de pédagogie et de persuasion. Le manque de temps pour former en profondeur l’ensemble des acteurs, conjugué à l’évolution permanente des bonnes pratiques, engendre un besoin constant d’actualisation des connaissances. Le référent handicap se retrouve ainsi fréquemment dans la position de devoir convaincre avant de pouvoir former efficacement.

La gestion administrative et la conformité réglementaire

La dimension administrative constitue aussi une charge considérable qui peut détourner le référent handicap de sa mission d’accompagnement direct. La formalisation des procédures d’accueil et d’accompagnement, l’archivage rigoureux des échanges et des aménagements mis en œuvre, la préparation méticuleuse des audits Qualiopi et le respect scrupuleux de l’indicateur 26 requièrent un investissement important. Cette bureaucratisation de la fonction risque parfois d’éloigner le référent handicap du terrain et des besoins concrets des apprenants.

La coordination des partenaires

Enfin, le travail en réseau avec les partenaires extérieurs peut s’avérer particulièrement ardu. La multiplicité des interlocuteurs (Agefiph, MDPH, Cap Emploi, entreprises) impose au référent handicap de maîtriser les spécificités de chaque dispositif et de chaque organisation. Les délais administratifs, souvent interminables pour obtenir des aides ou des reconnaissances, compliquent la mise en place rapide de solutions adaptées. La disparité des dispositifs selon les territoires et le manque de coordination entre les différents acteurs de l’écosystème créent des inégalités dans l’accompagnement proposé.

Face à ces défis multiformes, les référents handicap doivent faire preuve d’une grande adaptabilité et développer des approches innovantes pour accomplir efficacement leurs missions.

Le référent handicap, pivot de l’inclusion en formation professionnelle

En 2025, le référent handicap s’impose comme un acteur essentiel dans le paysage de la formation professionnelle. Bien au-delà d’un simple rôle de conformité réglementaire, sa mission s’ancre au carrefour des besoins spécifiques des apprenants et des enjeux pédagogiques, incarnant une véritable dynamique d’inclusion.

Au quotidien, ce professionnel se heurte à des obstacles nombreux – manque de reconnaissance institutionnelle, diversité complexe des besoins à satisfaire, restrictions budgétaires chroniques, lacunes dans la formation des équipes et paperasserie administrative parfois étouffante. Face à ces contraintes, le référent handicap déploie une polyvalence remarquable, endossant tour à tour les casquettes d’expert technique, de médiateur patient, de pédagogue attentif et de coordinateur méthodique, tout en jonglant entre pragmatisme organisationnel et exigences d’accessibilité.

Malgré cette position parfois inconfortable, son action reste fondamentale pour réduire les disparités tenaces dans l’accès à la formation professionnelle des personnes handicapées. Les statistiques actuelles parlent d’elles-mêmes et sonnent comme un avertissement : à peine 1,4 % des contrats d’apprentissage et seulement 2,5 % des contrats de professionnalisation concernent des travailleurs handicapés. Ces chiffres soulignent l’ampleur du travail encore nécessaire.

Pour surmonter ces défis, renforcer la position du référent handicap au sein des structures de formation apparaît comme une nécessité absolue.

Cette consolidation passe par trois axes majeurs :

  • La reconnaissance formelle d’un corpus de compétences spécifiques.
  • L’attribution de moyens véritablement proportionnés à l’étendue de ses responsabilités.
  • La création de réseaux collaboratifs solides permettant un partage fluide d’expertises et d’initiatives réussies.

L’évolution du métier de référent handicap s’oriente vers une approche toujours plus anticipative et créative de l’inclusion, transformant la notion d’accessibilité en opportunité d’enrichissement des méthodes pédagogiques bénéfiques à l’ensemble des apprenants. En diffusant cette culture inclusive au cœur même des organismes de formation, le référent handicap participe activement à bâtir une société où la formation professionnelle devient réellement un tremplin d’insertion pour les 12 millions de Français confrontés au handicap.

En conclusion, investir dans la fonction de référent handicap dépasse largement la simple mise en conformité avec un cadre légal toujours plus contraignant ; c’est surtout faire le choix stratégique d’une formation professionnelle plus juste, plus accessible et finalement plus efficace pour relever les défis du marché de l’emploi qui nous attend demain

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Handicap et formation : replay et synthèse du webinaire Digiforma Veille https://www.digiformag.com/handicap-et-formation-replay-synthese-webinaire-digiforma-veille/ https://www.digiformag.com/handicap-et-formation-replay-synthese-webinaire-digiforma-veille/#respond Wed, 16 Jul 2025 14:33:50 +0000 https://www.digiformag.com/?p=21761 Dans un contexte où l’inclusion est au cœur des enjeux sociétaux et professionnels, la question du handicap dans la formation ne peut plus être traitée comme un simple indicateur à cocher pour Qualiopi. Et c’est l’idée forte du webinaire organisé par Digiforma Veille avec la participation de Stéphanie Gonçalves, référente handicap et ingénieure pédagogique chez […]

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Dans un contexte où l’inclusion est au cœur des enjeux sociétaux et professionnels, la question du handicap dans la formation ne peut plus être traitée comme un simple indicateur à cocher pour Qualiopi.

Et c’est l’idée forte du webinaire organisé par Digiforma Veille avec la participation de Stéphanie Gonçalves, référente handicap et ingénieure pédagogique chez Nova Learning. Objectif : aider les organismes de formation à mettre en place une veille efficace et transversale sur le handicap, en la connectant aux exigences réglementaires comme aux pratiques concrètes de terrain.

Une approche qui dépasse l’indicateur 26 de Qualiopi

Trop souvent, le handicap est associé au seul indicateur 26 de Qualiopi, relatif à la prise en compte des publics en situation de handicap. Or, comme l’ont rappelé les intervenantes, la thématique irrigue de nombreux autres champs de la veille, notamment les indicateurs :

En croisant ces différents axes, une culture inclusive peut être construite dans l’organisme de formation, allant bien au-delà des obligations administratives.

Veille légale (indicateur 23) : rester à jour sur les obligations

Le droit du handicap est un champ mouvant. En témoigne la directive européenne sur l’accessibilité, en vigueur depuis le 28 juin 2025, qui pourrait avoir un impact important sur les dispositifs de formation.

Pour rester informé, plusieurs sources sont recommandées :

  • AGEFIPH : référente pour le secteur privé.

  • FIPHFP : pour la fonction publique.

  • RHF (Ressources Handicap Formation), présents dans chaque région ;

  • Personnalités influentes comme Véronique Bustrel ou Caroline Pachoud sur LinkedIn.

La veille réglementaire doit être centralisée, datée, et partagée avec les équipes.

Veille métier (indicateur 24) : remettre en question les représentations

Faire de la veille métier sur le handicap, c’est aussi interroger les prérequis et les capacités attendues dans une formation. De nombreux métiers peuvent être accessibles malgré un handicap, surtout si des adaptations sont possibles.

Un rappel utile : 80 % des handicaps sont invisibles.

Veille pédagogique et technologique (indicateur 25) : penser accessibilité

Deux volets principaux :

  • Accessibilité numérique :

    • respect des standards RGAA ;

    • outils comme Scribe, sous-titrage automatique, lecteurs d’écran

  • Accessibilité pédagogique :

    • utilisation du FALC (facile à lire et à comprendre) ;

    • supports adaptés ;

    • ressources pratiques comme les guides de Sciences Po pour les enseignants.

Une bonne pratique : garder une trace des adaptations apportées aux supports pour les présenter lors d’un audit.

Indicateur 26 : inclusion, posture et réseau

Le cœur du sujet reste bien là : comment un OF peut rendre sa formation inclusive ?

Parmi les bonnes pratiques à retenir :

  • nommer un référent handicap clairement identifié ;

  • prévoir des aménagements pour les apprenants (tiers temps, pauses adaptées) ;

  • ajouter une mention explicite dans les programmes : « en cas de besoin d’aménagement, contactez X » ;

  • intégrer une question spécifique dans le questionnaire préformation.

  • Participer à des événements comme :

    • la SEEPH (Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, du 17 au 23 novembre 2025) ;

    • le DuoDay (le 20 novembre) ;

    • l’Université des référents handicap (mars 2026).

Des preuves simples peuvent suffire : capture d’écran, compte-rendu de réunion, email, participation à un événement ou inscription à une newsletter spécialisée.

Digiforma Veille : un outil pour structurer et capitaliser

La plateforme Digiforma Veille a été conçue pour aider les organismes de formation à :

  • accéder à des sources fiables classées par type de veille ;

  • partager l’information entre collaborateurs ;

  • suivre les actions à mener (commentaires, tags, liste de tâches, tableaux de bord) ;

  • centraliser les preuves pour les audits.

La veille devient alors collaborative, contextualisée, actionnable et surtout intégrée dans le quotidien de l’organisme.

Conclusion : vers une culture inclusive durable

Faire de la veille sur le handicap, ce n’est pas répondre à une obligation Qualiopi, c’est faire vivre une démarche d’amélioration continue, au service de tous les apprenants.

Comme l’a rappelé Stéphanie, « il n’est pas demandé à un organisme de formation de tout savoir faire, mais de savoir à qui s’adresser. » Et c’est souvent ce qui fait toute la différence.

Voici le replay disponible

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Les bonnes pratiques du référent handicap https://www.digiformag.com/les-bonnes-pratiques-du-referent-handicap/ https://www.digiformag.com/les-bonnes-pratiques-du-referent-handicap/#respond Mon, 31 Mar 2025 15:07:05 +0000 https://www.digiformag.com/?p=21610 🚀 Vous souhaitez enrichir vos bonnes pratiques de référent handicap ? Vous avez besoin de réponse concrète aux problématiques handicap rencontrées au sein de votre OF ? Vous avez des doutes sur le contenu des indicateurs Qualiopi liés au handicap ? Marie-Pierre Barot, chargée d’étude et de développement à l’Agefiph répondra en direct à toutes […]

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🚀 Vous souhaitez enrichir vos bonnes pratiques de référent handicap ?

Vous avez besoin de réponse concrète aux problématiques handicap rencontrées au sein de votre OF ?
Vous avez des doutes sur le contenu des indicateurs Qualiopi liés au handicap ?

Marie-Pierre Barot, chargée d’étude et de développement à l’Agefiph répondra en direct à toutes vos questions lors d’un live exceptionnel d’une heure.
Vous pouvez dès à présent partager vos questions par écrit sur ce document partagé.


 

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Pédagogie inclusive : comment adapter ses méthodes ? https://www.digiformag.com/pedagogie-inclusive-comment-adapter-ses-methodes/ Tue, 03 Dec 2024 06:00:45 +0000 https://www.digiformag.com/?p=18815 Intégrer les personnes en situation de handicap dans la formation professionnelle est un enjeu clé en 2025. La pédagogie inclusive va bien au-delà d’une obligation légale : c’est une question d’éthique et un moyen de faire avancer la société ! En 2023, d’après le rapport de l’Agefiph, seulement 1,4 % des contrats d’apprentissage et 2,5 % […]

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Intégrer les personnes en situation de handicap dans la formation professionnelle est un enjeu clé en 2025. La pédagogie inclusive va bien au-delà d’une obligation légale : c’est une question d’éthique et un moyen de faire avancer la société !

En 2023, d’après le rapport de l’Agefiph, seulement 1,4 % des contrats d’apprentissage et 2,5 % des contrats de professionnalisation concernent des travailleurs handicapés, alors qu’ils représentent 7,1 % de la population active.

Le décret n° 2006-26 du 9 janvier 2006 sur la formation des personnes en situation de handicap fixe des principes de non-discrimination et d’accessibilité à la formation. Il précise que les organismes de formation doivent « tenir compte des besoins particuliers » des personnes handicapées en adaptant les formations.

Ce n’est pas uniquement question d’accès aux lieux, ce qui est requis pour tout établissement recevant du public (ERP). Il faut aussi changer les méthodes et les contenus pour donner des opportunités égales aux personnes en situation de handicap. Mais comment faire, concrètement, pour mettre en place une pédagogie inclusive ? Voici quelques idées.

Quelques rappels sur les obligations des organismes de formation

En France, les centres de formation doivent suivre des règles pour rendre leurs lieux accessibles et adapter leurs méthodes pour les personnes handicapées. Ces règles émanent de la loi du 11 février 2005 qui vise à garantir l’égalité pour les personnes en situation de handicap.

La loi du 5 septembre 2018 a par ailleurs introduit la certification Qualiopi, pour les organismes de formation, qui impose des normes de qualité concernant les besoins des personnes handicapées.

Les centres de formation doivent donc :

  • accueillir les personnes handicapées sans discrimination ;
  • garantir des droits égaux pour l’accès à la formation et la qualification.

Et cela implique :

  • D’assurer l’accessibilité pédagogique des formations en préparant l’accueil des personnes handicapées dès le départ.
  • De développer les compétences des équipes pour aider à compenser les handicaps durant la formation.
  • D’assurer l’accessibilité des locaux sous peine de sanctions.

La loi a aussi introduit des référents handicap dans les centres de formation des apprentis. 

Au-delà des contraintes légales, un enseignement inclusif aide à éliminer beaucoup de barrières pour les élèves avec des handicaps. Environ 80 % des handicaps ne se voient pas, ce qui rend la modification des techniques d’enseignement aussi importante que celle des bâtiments !

Qu’est-ce que la pédagogie inclusive ?

C’est une forme de pédagogie différenciée. Une formation qui met l’apprenant au centre. Cela permet de personnaliser les modes d’apprentissage et de varier les méthodes d’évaluation, en tenant compte des différents freins qui peuvent concerner les personnes, porteuses ou non de handicap.

Considérons la Conception Universelle de l’Apprentissage (CUA). C’est une méthode d’enseignement adaptable qui considère les différents besoins des élèves pour garantir un accès juste à l’éducation. Elle aide à diminuer les facteurs dans l’environnement qui peuvent créer des barrières cognitives, émotionnelles ou liées à la motricité, dans l’apprentissage. Mais comment débuter ?

Il y a trois leviers principaux. Voyons lesquels.

Levier n°1 : proposer plusieurs moyens de présenter les savoirs

La diversité des formats répond à la diversité des styles d’apprentissage. 

Parmi les bonnes pratiques, on pensera par exemple à :

  1. proposer des ressources qui traitent d’un même sujet en différents formats (texte, image, vidéo) ;
  2. éviter les phrases complexes ou trop chargées, et définir les termes compliqués ;
  3. privilégier les représentations visuelles qui tiennent compte de la diversité des apprenants ;
  4. s’assurer de la lisibilité des textes (police, taille, espacement, contraste de couleurs) ;
  5. mettre en valeur les éléments importants (liste à puces, gras, italique, couleur) ;
  6. ajouter des éléments visuels en complément du texte (icône, schéma, image).
  7. prévoir un glossaire, des sous-titres, des traductions, des transcriptions.

Levier n°2 : favoriser l’engagement de tous les apprenants via une pédagogie plus inclusive

Pour favoriser l’engagement de tous les apprenants, il est aussi essentiel d’adapter les méthodes pédagogiques. Cela passe, par exemple, par des actions telles que :

  1. diversifier et alterner les activités d’apprentissage ;
  2. varier les modes de regroupements et la composition des équipes de travail ;
  3. clarifier les attentes de plusieurs façons et à différents moments ;
  4. mesurer fréquemment la compréhension ;
  5. recourir à des mises en situation, des exemples et des faits d’actualité dans lesquels la diversité est représentée ;
  6. animer des discussions qui permettent l’expression d’opinions diverses.

Levier n°3 : diversifier les moyens d’évaluation des acquis

Enfin, la pédagogie inclusive suppose aussi de mettre en œuvre des modalités d’évaluation adaptées à la diversité des apprenants.

Cela peut s’appuyer sur les pratiques suivantes :

  • prévoir plusieurs activités d’évaluation différentes à différents moments dans la session ;
  • donner la possibilité de faire des choix dans les évaluations (réaliser une carte conceptuelle avec un outil numérique ou papier, développer un texte ou produire une vidéo, choisir le sujet d’une présentation orale) ;
  • présenter des consignes et des attentes claires, de différentes façons (à l’écrit, à l’oral) ;
  • prévoir un temps suffisant pour l’évaluation.

Créer un environnement d’apprentissage accessible 

C’est la première étape. Pour que la formation soit vraiment inclusive, l’accessibilité des locaux comme des supports de formation doit être garantie. 

Cela nécessite des aménagements comme : 

  • des rampes et des ascenseurs adaptés ;
  • des signalétiques claires ;
  • des supports numériques en braille, par exemple ;
  • des vidéos sous-titrées. 

De plus, il faut ajuster le temps de formation pour les personnes en situation de handicap afin de prolonger les sessions si nécessaire, selon le principe de la compensation.

Au début de la formation, il est conseillé d’utiliser une grille d’évaluation des besoins de l’apprenant, comme celle fournie par l’Agefiph. Elle sert de repère à la stratégie d’adaptation de la formation.

Adapter les méthodes d’enseignement aux différents handicaps

Chaque approche pédagogique doit tenir compte des besoins spécifiques. Par exemple, l’Insee indique qu’il y a environ 1,7 million de personnes avec un handicap visuel et plus d’un million avec un handicap auditif en France. Les méthodes doivent donc s’adapter à ces apprenants.

Pour ceux ayant un handicap visuel, il est conseillé d’utiliser

  • des supports en braille ;
  • des documents en gros caractères ;
  • des enregistrements audio

Ces outils aident les personnes avec handicaps à apprendre seules. Ajouter des descriptions pendant les présentations et utiliser des lecteurs d’écran aide aussi à apprendre. Enfin, encourager les conversations et les interactions orales améliore l’apprentissage.

Pour les personnes malentendantes, il faut aussi utiliser des matériels comme des documents imprimés des cours et des transcriptions écrites des enregistrements audio.

Pour les personnes avec un handicap moteur, il est important de faire des ajustements physiques et technologiques. Les salles de classe doivent être accessibles en fauteuil roulant. Les apprenants peuvent utiliser des outils comme des ordinateurs avec reconnaissance vocale ou des claviers adaptés. Il est aussi important d’être flexible sur les examens et la participation. Par exemple, en donnant plus de temps pour les exercices pratiques.

Enfin, pour les personnes avec un handicap cognitif, il est fondamental de simplifier les instructions, clarifier les objectifs et segmenter les tâches en petites étapes simples. L’utilisation d’aides visuelles, de supports mémoriels et de textes est également utile. Encouragez les pauses régulières et l’utilisation d’outils comme les cartes mentales, car cela peut aider à la compréhension et à la rétention d’information. Pensez aussi à personnaliser la formation et à utiliser une pédagogie du concret pour former les personnes neuroatypiques par exemple.

Enfin, pensez à créer un environnement d’apprentissage structuré et prévisible. Des rituels précis et programmés rassureront les personnes sur le déroulé de la formation et créeront un cadre sécurisant pour tous.

Comment surmonter les obstacles au déploiement d’une pédagogie inclusive en formation ?

Cependant, ce changement peut être complexe.

Comment surmonter ces difficultés et établir un cadre d’apprentissage qui convienne à tous ? Explorons quelques pistes.

Accompagner les formateurs au changement

L’inclusion se heurte à un obstacle : la résistance au changement. Pour certains formateurs, changer leurs méthodes peut sembler remettre en question leurs compétences. Il est important de fournir un soutien individuel pour surmonter cette résistance. Cela peut inclure du mentorat, où des experts en pédagogie inclusive aident progressivement les formateurs à adopter de nouvelles méthodes. Il est également nécessaire de créer des espaces de discussion entre formateurs pour traiter les problèmes rencontrés et développer ensemble des solutions alternatives.

Mobiliser des ressources matérielles et financières pour une pédagogie plus inclusive

La mise en œuvre d’une pédagogie inclusive nécessite souvent du matériel et des sources de financements. Certains apprenants peuvent avoir besoin de logiciels spécifiques ou de matériel d’apprentissage adapté (audiovisuel, braille, etc.).

Pour surmonter cela, il est bon de solliciter les aides financières disponibles. Des subventions existent pour les organismes souhaitant développer des formations inclusives. Identifier ces financements, notamment ceux de l’Agephip et les utiliser est essentiel pour accompagner la réussite du changement.

Établir une culture de l’inclusion

Pour réussir une pédagogie inclusive, il faut aussi créer un environnement facilitant pour aider chaque élève à bien grandir et à être soutenu. Cela implique de célébrer les réussites. Promouvoir les expériences d’élèves ayant profité de ces méthodes montre leur importance et aide à sensibiliser d’autres enseignants, les poussant à s’impliquer plus pour le handicap.

Créer une pédagogie inclusive, c’est construire un endroit où chaque stagiaire, peu importe ses différences, peut grandir et apprendre. Cela nécessite des ajustements pratiques, un bon engagement des enseignants et une volonté commune d’aller au-delà des obstacles. En rendant nos espaces d’apprentissage plus accessibles, nous ne faisons pas qu’améliorer l’égalité : nous aidons aussi à construire une société plus équitable et solidaire. Alors, êtes-vous prêts à changer vos méthodes pour inclure tous les types d’apprenants ?

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Référent handicap : comment faire le bon choix ? https://www.digiformag.com/referent-handicap-comment-faire-le-bon-choix/ Thu, 12 Sep 2024 08:22:18 +0000 https://www.digiformag.com/?p=18054 Tous les organismes de formation certifiés Qualiopi, en train de passer l’audit, le savent : la prise en compte du handicap est centrale dans le référentiel qualité. De nombreux aspects sont à prendre en compte  : accessibilité des locaux, informations apportées aux personnes en situation de handicap (PSH) adaptation des dispositifs de formation, un accompagnement […]

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Tous les organismes de formation certifiés Qualiopi, en train de passer l’audit, le savent : la prise en compte du handicap est centrale dans le référentiel qualité.
De nombreux aspects sont à prendre en compte  : accessibilité des locaux, informations apportées aux personnes en situation de handicap (PSH) adaptation des dispositifs de formation, un accompagnement personnalisé…
Au milieu de toutes ces exigences, le référent handicap occupe une place centrale. Il est le point de contact privilégié pour les PSH souhaitant suivre une action concourant au développement des compétences. Il sensibilise en interne, se professionnalise et maintient une veille constante sur le sujet.
Pour autant, il n’est pas toujours aisé de choisir la bonne personne pour endosser ce rôle.

En solo, la question ne se pose pas

Quand on endosse soi-même tous les rôles dans son organisme, la question ne se pose pas vraiment : le référent handicap, c’est soi-même.
Toutefois, même en l’absence de salarié, de plus en plus d’indépendant délègue des activités à des tiers : gestion administrative, coordination pédagogique, démarche commerciale…

Selon cette organisation, on peut tout à fait imaginer que l’orientation des PSH se fasse davantage à travers ces tiers que par l’indépendant qui se concentrera davantage sur l’exécution des prestations.

Et quand on est plusieurs ?

Dès lors que l’on est plusieurs au sein de son OF, on doit se poser ces 3 questions pour trouver la bonne personne :

1) L’appétence d’une personne sur le sujet
2) Sa disponibilité
3) La cohérence opérationnelle entre sa fonction et sa mission

Hypothèse 1 : Le pôle pédagogique

Responsable pédagogique ou coordination pédagogique : on pense souvent à ces 2 fonctions pour choisir son référent handicap. Après tout, ils sont directement en lien avec la formation, ils connaissent les exigences des parcours et sont les plus à même d’adapter les modalités ou de rendre plus inclusives les formations.

L’inconvénient pourrait être que ces fonctions ne sont pas toujours associées au démarrage du projet de formation et vont bien souvent hériter d’une situation nécessitant une adaptation en bout de chaine. D’où l’importance d’une bonne communication en interne sur ce sujet.

Hypothèse 2 : Chargé(e) de clientèle / commercial(e)

Après tout, quand on est le premier contact du futur stagiaire, il peut paraître intéressant que la personne en charge de l’aspect commercial endosse ce rôle. Cela permet de manière assez précoce de donner les informations adaptées et d’orienter la personne en situation de handicap.

Deux inconvénients me viennent toutefois à l’esprit :

    1. Les équipes commerciales peuvent compter plusieurs membres (voire dizaine de membres). Il n’est pas forcément évident que le référent se trouve noyé au milieu de cette équipe, même si, a priori, tous les membres devraient être sensibilisés sur le sujet du handicap ;
    2. L’équipe commerciale n’a pas toujours une vision fine de ce que comprend le parcours d’un point de vue pédagogique et en termes de possibilité d’adaptation pour le stagiaire ;

Cette possibilité n’est donc pas exclue, mais elle n’est, dans les faits, que rarement mise en œuvre dans les OF.

Hypothèse 3 : DRH

Un choix audacieux peut-être de faire du DRH le garant de la politique handicap côté salarié, mais également côté stagiaire.
Le gros avantage est la possibilité de mutualiser certaines actions pour ces 2 publics, mais également d’avoir une approche globale du sujet.

Problème ?

Le DRH n’est souvent pas un expert de la pédagogie. Il lui sera sans doute difficile à préconiser les meilleures solutions, du fait de son éloignement de la partie opérationnelle.
Par ailleurs, on peut se demander si la fonction de référent handicap, très opérationnel et terrain, s’accorde bien avec celle de DRH qui nécessite une prise de recul avec une visio macro.

A mon sens, cette disposition est loin d’être évidente. Rien n’empêche que le DRH porte la politique handicap en se reposant sur un référent handicap davantage lié au métier.

Hypothèse 4 : Responsable Qualité

Quand on gère le système Qualiopi, au sein d’un OF, on sait mieux que quiconque les exigences en matière de prise en compte du handicap.
Je vais parler de ma propre situation. Au sein de l’OF pour lequel je travaille, j’ai endossé ce rôle, en plus de mes fonctions de Directeur Pédagogique et Qualité.
Cela a du sens par ma connaissance du référentiel, mais aussi parce que l’équipe n’est pas gigantesque . Je suis amené a travaillé sur beaucoup de sujets opérationnels et de travaux d’amélioration continue. Dans cette optique, le contact avec les PSH m’aide à prendre conscience des évolutions qui devront être réalisées sur nos prestations.
Toutefois, je ne suis pas certain que cela aurait été pertinent dans une structure de plus grande ampleur (une école multi-sites par exemple).

Hypothèse 5 : La fonction à laquelle on n’avait pas pensé

Dans une précédente structure, j’ai vu la mission de référent handicap être endossée par une Product Manager qui travaillait sur l’UX de la plateforme d’apprentissage. Son appétence pour le sujet et le travail qu’elle réalisait sur l’accessibilité de notre LMS en avait fait une candidate idéale.

Un bon exemple pour illustrer que finalement, il n’y a pas de règle absolue pour choisir un bon référent handicap.

L’essentiel, au final, reste de répondre aux besoins des stagiaires et faire grandir sa structure !

 

🔎En savoir plus

Approfondissez le sujet avec la communauté OF Connect sur le canal slack #referent-handicap

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Comment l’AGEFIPH accompagne les OF ? https://www.digiformag.com/comment-lagefiph-accompagne-les-of/ https://www.digiformag.com/comment-lagefiph-accompagne-les-of/#comments Tue, 01 Feb 2022 06:30:55 +0000 https://www.digiformag.com/?p=9197 Savez-vous que votre organisme de formation a une obligation d’accessibilité et d’inclusion vis-à-vis des personnes en situation de handicap ? L’AGEFIPH vous accompagne depuis la sensibilisation au sujet, jusqu’à la mise en place des bonnes pratiques en passant par la certification Qualiopi.  En tant qu’organisme de formation (OF) vous êtes classé comme ERP (Établissement Recevant […]

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Savez-vous que votre organisme de formation a une obligation d’accessibilité et d’inclusion vis-à-vis des personnes en situation de handicap ? L’AGEFIPH vous accompagne depuis la sensibilisation au sujet, jusqu’à la mise en place des bonnes pratiques en passant par la certification Qualiopi. 

En tant qu’organisme de formation (OF) vous êtes classé comme ERP (Établissement Recevant du Public). Vous êtes donc tenu de rester accessible aux personnes en situation de handicap. Les opérateurs de financement de la formation retiennent, par ailleurs, ce critère comme un indicateur de “qualité”. C’est la raison pour laquelle l’AGEFIPH accompagne les OF dans la compréhension et la sensibilisation au sujet. Pourquoi vous tourner vers cet organisme ? Pour pouvoir inclure dans votre offre les notions d’accessibilité et de compensation. Son rôle est d’autant plus important si vous souhaitez obtenir la certification Qualiopi. Mais, plus concrètement, comment ça se passe ? 

AGEFIPH : quand les OF font face à la question du handicap

Le sujet du handicap comporte de nombreuses spécificités avec lesquelles vous n’êtes peut-être pas familier. Pourtant, en tant qu’organisme de formation, vous devez mettre à jour vos connaissances sur celui-ci pour être en conformité avec la réglementation. L’AGEFIPH est l’organisme référence en la matière. 

Le handicap et la formation

Votre organisme de formation, en tant qu’Établissement recevant du public (ERP), doit répondre à l’obligation d’accessibilité des personnes en situation de handicap. Celle-ci est détaillée dans l’article R111-19-1 du Code de la construction. Au-delà de cette notion, on retrouve également celle d’inclusion qui suppose l’aménagement des examens. De même, si vous souhaitez obtenir la certification nationale Qualiopi, ​​instaurée par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, vous devrez même aller plus loin. Il vous sera, en effet, demandé de répondre à des critères de qualité de formation identiques pour tous vos publics.

Le décret définit ainsi 7 critères qualité et 32 indicateurs. Selon l’indicateur 26, le « prestataire mobilise les expertises, outils et réseaux nécessaires pour accueillir, accompagner,  former ou orienter les publics en situation de handicap ». Pour être en conformité, vous devrez alors prouver que vous vous êtes entouré d’un réseau de partenaires et d’acteurs de l’insertion professionnelle des personnes handicapées. Ces derniers pourront être mobilisés à tout moment. 

Les missions générales de l’AGEFIPH

L’AGEFIPH est un organisme créé en 1987 et dont le rôle est de soutenir le développement de l’emploi des personnes handicapées dans les entreprises privées. C’est donc l’interlocuteur privilégié des entreprises, mais également des personnes en situation de handicap. Pour les premières, il les conseille et les accompagne vers davantage d’inclusivité. Pour cela, il leur propose des aides financières et des services visant à compenser le handicap au poste de travail ou à prendre en charge des surcoûts liés au handicap du salarié. 

En ce qui concerne le second public, il met à leur disposition le même type d’aides pour, à nouveau, compenser leur handicap dans l’emploi. Pour les personnes les plus en difficulté, il dispose d’un accompagnement spécifique médico-social et de soutien à l’insertion professionnelle. Ce programme est mis en place en partenariat avec d’autres acteurs tels que les Agences régionales de santé (ARS), le FIPHFP et les Direccte.

Son rôle est donc large et donne une grande part à la formation professionnelle qui permet aujourd’hui à de nombreux salariés de s’insérer dans l’emploi. Pourtant, certains OF ne connaissent pas bien leurs obligations dans ce domaine. L’AGEFIPH leur propose alors un accompagnement. L’objectif est qu’ils puissent mieux prendre en compte le handicap quel qu’il soit et, ainsi, de répondre aux obligations légales et réglementaires relatives à l’inclusion.

Les services de l’Agefiph en direction des OF

L’AGEFIPH offre donc différentes solutions en direction des OF. Sachez tout d’abord que vous pouvez vous tourner vers eux et/ou leur site internet pour avoir accès à des ressources sur le sujet du handicap et disposer d’une première sensibilisation. Des services dédiés sont ensuite proposés. 

La Ressource Handicap Formation   

La Ressource Handicap Formation est un service régional qui vous permettra de mieux connaître vos obligations et vous aidera dans la mise en œuvre des conditions d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Celui-ci est co-développé avec d’autres partenaires tels que l’État, la région, le Pôle emploi, les missions locales ou encore, les OPCO des branches.

De même, il vous permettra de “co-construire des solutions d’aménagement des parcours de formation”. Après un premier diagnostic de vos besoins, des solutions de compensation pourront être envisagées. Les parcours de formation seront alors sécurisés grâce à la mobilisation de différents acteurs (personne handicapée faisant l’objet d’une formation, employeur, spécialiste du handicap, vous-même en tant qu’OF…). Ce service peut être utile dans un but de sensibilisation et de mise en conformité. Mais il peut également être intéressant si vous voulez obtenir une certification Qualiopi. 

L’accompagnement des OF vers la certification Qualiopi

Vous souhaitez vous faire accompagner pour répondre aux mesures de l’audit Qualiopi ? Il s’agit de l’une des missions de L’AGEFIPH. L’organisme va alors vous accompagner grâce à de multiples formats ou ateliers : classes virtuelles, sessions « retours d’expérience » et « échanges de pratiques », « flash learning » à découvrir en toute autonomie… N’hésitez pas à vous renseigner sur les formations proposées sur votre territoire ou à distance. Enfin, pour répondre à l’indicateur 20 du décret, vous devrez désigner et former un référent handicap. « Le prestataire dispose d’un personnel dédié à l’appui à la mobilité nationale et internationale, d’un référent handicap et d’un conseil de perfectionnement.» L’AGEFIPH propose ce type de formation avec un programme bien défini dont voici un exemple.

En conclusion

L’AGEFIPH est un organisme référence sur la question du handicap. C’est donc vers lui que vous devez vous tourner si vous souhaitez obtenir des informations sur la réglementation. Il propose également de nombreuses formations et ateliers vous permettant de répondre à vos obligations légales. Dans le cadre de la certification Qualiopi, c’est là encore, un acteur incontournable.

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Handicap visuel et supports de formation : et si on s’y mettait tout de suite ? https://www.digiformag.com/handicap-visuel-et-supports-de-formation-et-si-on-sy-mettait-tout-de-suite/ https://www.digiformag.com/handicap-visuel-et-supports-de-formation-et-si-on-sy-mettait-tout-de-suite/#comments Tue, 08 Dec 2020 06:30:52 +0000 https://www.digiformag.com/?p=7699 Accueillir en formation des personnes qui ne voient pas, ou qui ne voient pas parfaitement, tout le monde est pour. En tout cas, ceux qui sont contre ne lèvent pas le doigt. Mais souvent, on se dit que ce sera possible plutôt demain, lorsque l’on sera vraiment prêt. Lorsque sera né l’outil miracle qui mettra […]

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Accueillir en formation des personnes qui ne voient pas, ou qui ne voient pas parfaitement, tout le monde est pour. En tout cas, ceux qui sont contre ne lèvent pas le doigt. Mais souvent, on se dit que ce sera possible plutôt demain, lorsque l’on sera vraiment prêt. Lorsque sera né l’outil miracle qui mettra tout au carré en appuyant sur « Entrée ». Et là, le « demain » risque de se transformer en « jamais ».

Pour casser cette spirale et passer à l’action, nous avons interviewé Matthias Chicaud, Directeur artistique pour l’agence de communication ls-a. Il nous partage ses pratiques et ses recherches pour la création de supports visant l’accessibilité pour le plus grand nombre.

Au sommaire de cet article : 

  1. Les 4 principes incontournables (et les plus faciles à mettre en place)
  2. Les documents aux formats PowerPoint, Word et PDF
  3. Développer un site internet répondant aux critères d’accessibilité
  4. Pour échanger avec les créateurs d’un site internet
  5. Accessibilité du site internet : main dans la main avec le référencement
  6. Écrire pour être lu et compris du plus grand nombre

1 – Les 4 principes incontournables (et les plus faciles à mettre en place)

Les 4 règles ci-dessous facilitent la lecture des personnes malvoyantes qui peuvent utiliser leur vision dans des conditions adaptées. Ces 4 principes permettent également l’utilisation des supports par des personnes utilisant des lecteurs d’écran et synthétiseurs vocaux.

Le plan doit toujours être hyperstructuré

Que ce soit pour se retrouver dans un document ou sur un site internet, une structure de plan irréprochable est nécessaire.

  • Un plan structuré permet une navigation entre les différents niveaux de titres : Titre 1, Titre 2, Titre 3…
  • Les listes doivent être constituées de puces en passant à la ligne. C’est sur la base de ce plan que l’on peut naviguer dans le document sans souris, en faisant des allers-retours sans avoir à scroller. La structure sert aussi de repère pour les outils de lecture vocale.
  • Une architecture construite sur les principes de l’accessibilité permet également de passer d’un lien cliquable à un autre à l’aide du bouton « Tab », sans usage de la souris.

Des couleurs et des contrastes qui facilitent l’usage

Image illustrant des contrastes de couleurs efficace et inefficace.

  • Le contraste entre l’utilisation de plusieurs couleurs doit être fort. Autrement dit, pas d’écriture jaune sur un fond blanc ou l’inverse.
  • Le rapport entre le premier plan (texte ou icônes, bordures, éléments de formulaire) et le fond doit être suffisant.
  • La couleur ne doit pas non plus être le seul moyen visuel pour véhiculer une information ou une action à faire. Par exemple : « vert c’est une bonne pratique et « rouge, c’est une mauvaise pratique » n’est pas suffisant. Il faut ajouter un indicateur de sens supplémentaire (mot ou image avec une transcription).
  • Le contenu doit être compréhensible sans l’aide de la couleur.
  • Pour un site internet, l’idéal est de laisser le choix de pouvoir choisir un thème sombre ou clair.

La police, la taille de caractères et les interlignages

Critères de lisibilité d'une police d'écriture

  • Il est préférable de choisir une police de caractère simple comme Lato, Arial et Tahoma. La police Times New Roman n’est pas adaptée, car il y a ce que l’on appelle des empâtements, c’est-à-dire un trait qui n’est pas égal sur toute la lettre.
  • L’espace entre les lignes et entre les lettres ne doit être ni trop étroit, ni trop large.
  • L’italique, ou le gras, doivent être limités, car ces marques de mise en page ne sont pas lues par les outils de lecture vocale. Lorsque l’italique est utilisé pour des mots en anglais ou des citations, il est nécessaire de contextualiser cette information dans le texte. L’italique est également déconseillé pour une lecture en cas de dyslexie.

Utiliser le texte alternatif / texte de remplacement

  • Le texte alternatif permet de décrire des images aux utilisateurs lecteurs d’écran et synthétiseurs vocaux, que ce soit pour un document ou un site internet.
  • Lorsque le visuel est une simple illustration décorative, il n’est pas nécessaire d’écrire « Image d’une équipe en train de travailler autour d’une table ». En ne remplissant pas le texte alternatif, c’est comme si l’image n’existait pas pour lecteurs d’écran et synthétiseurs vocaux.
  • Lorsque le visuel contient une information qualitative, le texte alternatif est utilisé comme un espace d’ajout d’informations.
  • Dans Word ou PowerPoint, le texte alternatif peut être créé en réalisant un clic droit sur l’image puis « Modifier le texte de remplacement ». Si l’image est décorative, il faut cocher la case « Marquer comme décoratif » pour qu’elle soit laissée de côté par les lecteurs d’écran et synthétiseurs vocaux. Cela évite l’impression de passer à côté d’une information importante.
  • Il est également possible de décrire le contenu d’un lien hypertexte qui sera lu comme le reste du texte.

2 – Les documents aux formats PowerPoint, Word et PDF

Le PowerPoint en formation

Il est souvent utilisé en présentiel pour être projeté et donc utilisé collectivement. Il peut être transmis, tout ou partie, aux participants pour un usage en toute autonomie. Dans ce cas, il est le plus souvent transformé au format PDF.

À savoir : le format PowerPoint dispose de fonctionnalités d’accessibilité, comme le texte de remplacement pour les images. Cependant, le contenu reste beaucoup moins accessible que dans un document Word lorsqu’il est utilisé de manière autonome.

Il est possible de préparer un document Word, plus facile d’accès, qui sera consulté par la personne pendant la session, en même temps que les slides sont projetées. Créer un document Word structuré avec un plan, sans mise en page « inutile », est peu coûteux en temps.

Le Word en formation

Il est parfois utilisé pour des documents de synthèse ou d’exercices. Le Word est cependant souvent transformé en PDF.

À savoir : le format Word est celui qui est le plus facilement lisible d’une part par lecteurs d’écran et synthétiseurs vocaux et d’autre part en utilisant la fonction Plan. Le plan doit bien utiliser les outils Titre 1 – Titre 2 – Titre 3, et non une simple mise en gras ou ajout de numéros. Le format Word permet à l’utilisateur d’agrandir les polices, de changer les couleurs ou encore d’adapter l’interlignage.

Un Word ou un PowerPoint transformé en PDF

Parlons pour commencer du format PDF « simple » qui est généré en réalisant l’opération « Enregistrer un Word au format PDF ». Ce type de document est très peu ergonomique puisqu’il ne permet pas une navigation par le plan ni une adaptation de la taille des polices.

Le PDF créé avec l’outil Adobe

Le second type de PDF qui est créé avec Adobe (et non Acrobate Reader) dispose de fonctionnalités d’accessibilité très abouties. Il faut cependant compter une journée de travail pour un document de 20 pages lorsque c’est réalisé par une personne qui maîtrise bien l’outil.

Vérifier l’accessibilité d’un document Word ou PowerPoint

Pour une première analyse de l’accessibilité de vos documents Word et PowerPoint, cliquez sur « Révision » puis « Vérifier l’accessibilité ». La liste des éléments à corriger apparaît. Vous verrez que l’effort à investir pour rendre un document Word plus accessible est tout à fait… accessible.

3 – Développer un site internet répondant aux critères d’accessibilité

La construction d’un site internet repose sur des principes proches de la création ou de l’adaptation de supports. Nous présentons ces éléments de compréhension afin d’être sensibilisés lorsque vous développez ou confiez le développement informatique à des professionnels.

Le choix des thèmes

Des outils en ligne sont prêts à l’emploi pour suggérer des couleurs qui s’associent bien entre elles à l’écran, comme l’article de Stéphanie Walter le présente ci-dessous.

Daltonisme

Des logiciels spécifiques permettent de visualiser la perception des couleurs par des personnes daltoniennes (Color Oracle, Stark ou Total Colorfilter).

Double navigation

  • Pour répondre aux besoins des différents publics, l’ensemble du site doit être accessible avec et sans souris.
  • Les liens hypertextes sont également nommés pour informer du contenu du site ou de la page d’atterrissage, avant de cliquer dessus.

Enrichir le contenu de la page

  • Une page Internet (bien renseignée) comprend une balise Title. Ce texte est visible en passant sa souris sur l’onglet de navigation.
  • Cette balise Title, que nous détaillons ci-dessous, est transcrite par les lecteurs d’écran et synthétiseurs vocaux lorsque l’on navigue sur un site internet avec la touche « Tab ».

Inclusive Design

  • L’Inclusive Design est un ensemble de règles de conduite pour un site internet.
  • Il prévoit par exemple la transformation visuelle du site lorsque l’on grossit le caractère afin que des informations ne sortent pas du cadre.
  • Les boutons cliquables doivent s’adapter aux capacités individuelles, de la même façon que pour un site consultable sur mobile.
  • On évite également les liens cliquables trop petits.

Un coût supplémentaire ?

Un site internet basé sur les principes de l’accessibilité ne coûte pas nécessairement plus cher. Certaines agences, c’est le cas pour l’agence ls-a, créent les sites internet en intégrant dès le départ ces règles. Le respect des principes fondamentaux d’accessibilité fait partie du cahier des charges.

Certains développements spécifiques comme la transcription des vidéos nécessitent cependant un temps de travail complémentaire.

Certains sites de formation proposent tous les contenus en format texte, audio et vidéo pour une accessibilité complète. Ce type de projet est un investissement supplémentaire.

4 – Pour échanger avec les créateurs d’un site internet

Nous présentons ici des repères, cette fois un peu plus techniques, pour comprendre de quelle manière les sites internet peuvent devenir plus accessibles. On s’adresse ici aux équipes en mesure de développer un site internet ou de sous-traiter le développement.

Le référentiel français RGAA et la norme internationale WCAG 2.1

La norme internationale WCAG 2.1 est un ensemble de recommandations destinées à améliorer l’accessibilité des sites web. Le référentiel français RGAA (Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité) est un moyen de vérifier le niveau d’accessibilité et le respect de la norme WCAG 2.1. La loi française impose aux sites internet des organisations publiques et aux entreprises privées réalisant un chiffre d’affaires de plus de 250 millions d’euros de respecter ce cadre juridique posé par une directive européenne.

Ces documents techniques de référence peuvent servir de base d’échange, par exemple avec une agence web. Ils comprennent des éléments sur l’accessibilité des fonctions au clavier et par souris, l’ordre d’apparition des contenus… mais aussi pour les sites avancés, notamment pour les institutions publiques, la version audio des contenus.

Un code informatique répondant aux exigences WCAG 2.1

WAI-ARIA est une spécification écrite par une communauté internationale de professionnels pour rendre l’accessibilité du web plus facile à mettre en place. Le consortium W3C est indépendant et travaille avec différentes structures et organisations publiques et privées. La mise en pratique de WAI-ARIA  se réalise dans le cadre du WCAG 2.1 ci-dessus.

5 – Accessibilité du site internet : main dans la main avec le référencement

Pour faciliter la lecture d’un site internet, chaque page doit avoir une balise Title différente ainsi qu’une structuration des titres et des sous-titres (H1, H2, H3…). Lorsque vous travaillez les pages de présentation de vos offres de formation, une attention portée à l’accessibilité des pages est bénéfique à votre référencement dans les moteurs de recherche. Il faut aussi se défaire de certains réflexes de référencement qui écrasent les principes de l’accessibilité.

La Balise Title

La balise Title est un texte associé à chaque page. Il doit être rédigé pour décrire le contenu de la page (c’est comme un titre). Il y a souvent le nom de l’entreprise à la fin de la balise Title. En écrivant une balise Title qui décrit précisément le contenu de la page, vous facilitez le repérage par les outils de lecture vocale. Ce texte n’est pas visible lorsque l’on est sur la page, mais il l’est lorsque l’on survole les onglets avec sa souris. Ce texte « bulle » est lu par les outils de lecture vocale. La balise Title apparaît également dans les résultats de recherche de Google et favorise le référencement.

Les balises H1, H2, H3

On appelle ainsi le titre de la page (H1), le sous-titre (H2) et le sous-sous-titre (H3). Cette structure est différente d’un texte mis en gras, car il contient un code spécifique. La structure facilite une navigation par tabulation, sans souris. Les robots des moteurs de recherche scannent également en premier les titres H1, H2, H3, avant le texte, ce qui participe également au référencement des pages.

L’attribut ALT pour les images

L’attribut Alt est un texte qui décrit une image, autrement dit son  « texte alternatif ». L’objectif de ce texte est d’être lu par les outils de transcription vocale si le contenu de l’image est nécessaire pour comprendre la page. S’il y a du texte dans l’image, c’est le lieu pour l’indiquer et l’expliciter si nécessaire.

Lorsque l’image est décorative, il est préférable de le laisser vide afin que l’image soit ignorée par les outils de lecture adaptée. Il est donc inconvenant d’essayer d’y caser un maximum de mots-clés.

 

6 – Écrire pour être lu et compris du plus grand nombre

Le Français FALC : Facile à lire et à comprendre

Le FALC pour « Facile à lire et à comprendre » est un guide de bonnes pratiques pour être compris du plus grand nombre, et notamment en cas de :

  • Handicap mental.
  • Apprentissage tardif de la langue.
  • Dyslexie.
  • Personnes étrangères qui apprennent la langue.

Un premier niveau de simplification proposé par ce guide facilite la compréhension des supports, en cas de handicap visuel, mais en fait, pour tout le monde. Le texte est ainsi également plus facilement lisible des outils de lecture vocale.

Quelques exemples de bonnes pratiques

  • Utiliser les capitales seulement en début de phrase ou pour un nom propre.
  • Faire des phrases simples : sujet, verbe et complément.
  • Formuler des phrases affirmatives « Faires des phrases simples » plutôt que négatives « Ne faites pas de phrase complexe ».
  • Préférer les phrases actives « Vous recevrez un mail » plutôt que passives « Un email vous sera envoyé ».
  • Expliquer un mot complexe, ou nouveau, quand il apparaît dans le document, et pas seulement en annexe.
  • Éviter l’enchainement des pronoms : « Il le lui communique » pour dire « L’ordinateur communique au serveur le message codé ».
  • Utiliser les chiffres de la même façon dans l’ensemble du document.
  • Faire des listes sous forme de Bullet Point plutôt que dans une même phrase.

Les autres conseils sont à retrouver dans le document FALC ci-dessous.

L’écriture inclusive, les hashtags et les pictos

À ce jour, les outils de lecture vocale automatique détectent mal les formulations construites de la manière suivante en écriture inclusive : les participant.e.s. Il est préférable de doubler les termes : les participantes et les participants. L’écriture inclusive est un sujet à part entière (dont on reparlera).

Les hashtags sont également à utiliser avec parcimonie, tout comme les emojis. Les emojis sont en effet « traduits ». Le signe ❤ est retranscrit en toutes lettres  « heart ».

 

En conclusion, la transformation des supports de formation peut prendre au départ un peu de temps. Engager les opérations dès maintenant pour la création de ses prochains supports, c’est déjà du temps gagné et la satisfaction de participer, à son niveau, à l’accessibilité des formations.

Le bénéfice peut aller bien au-delà pour une formatrice ou un formateur qui s’y engage pleinement. Le fait de disposer de plans parfaitement structurés facilite d’une part les transformations des documents au fur et à mesure de leur usage. De plus, mettre en forme un contenu pédagogique de plusieurs façons (slide, texte, schéma…) facilite l’acquisition par des apprenants ayant des préférences d’apprentissage différentes. C’est un exercice également très utile pour transformer un parcours présentiel en en distanciel sur la base de ce découpage fin.

Autrement dit, c’est le bon moment pour s’y mettre.

 

 

Adapter ses supports au handicap visuel : et si on s’y mettait tout de suite ?

Qui est Matthias Chicaud ?

Matthias Chicaud est Directeur artistique et graphiste pour l’agence de communication ls-a. L’accessibilité de tous les supports (graphisme, web, application…) à toutes les personnes est en engagement sans faille de sa part, une façon de penser autrement la création et la communication : « Un projet est réussi s’il fonctionne, s’il est joli et s’il est accessible ».

Il intervient en entreprise pour former les professionnels à l’ergonomie, à l’accessibilité et au design pour le web. Pour l’école Ynov, spécialisée dans les métiers numériques, il assure des enseignements sur les sujets de communication visuelle, démarche créative, nouveaux formats (Motion Design) et Suite Adobe (Photoshop, Illustrator, InDesign).

L’agence ls-a construit la communication d’une entreprise sous toutes ses facettes : univers graphique, photo, vidéo, site web, référencement, réseaux sociaux, campagnes d’e-mail, événements…

 

À lire aussi sur Digiformag : 

Choisir sa méthode pédagogique en fonction du contenu de formation

Adapter sa formation au handicap invisible : les DYS

 

Pour aller plus loin sur le sujet de l’accessibilité :

Si vous êtes vraiment vraiment très « tech »

  • « A11Y » est le terme utilisé pour désigner l’accessibilité du web. « The A11Y Project » est une communauté internationale de professionnels pour rendre l’accessibilité du web plus facile à mettre en place. (site an anglais)
  • Les outils pour créer une palette de couleurs accessibles et contrastées, répertoriés par Stéphanie Walter
  • L’introduction au système ARIA pour les développeurs Google (en anglais)
  • Le Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA) rédigé par la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC) – Le document de 140 pages s’adresse aux juristes et aux professionnels du web est téléchargeable. Le RGAA qui s’appelait auparavant Référentiel général d’accessibilité pour les administrations a changé de nom puisque son champ d’application concerne désormais les très grandes entreprises du secteur privé (à partir de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires).
  • La norme internationale qui « recoupe » le RGAA est la Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) qui est rédigé par W3C (World Wide Web Consortium) un organisme international qui développe des standards pour le Web. Le document est consultable en ligne.

 

 

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