Sarah Hafiz, Digiformag https://www.digiformag.com/profil/sarah/ Le magazine de la formation professionnelle Thu, 10 Apr 2025 10:09:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 Qu’est-ce qu’un titre certifié et comment l’enregistrer au RNCP ? https://www.digiformag.com/quest-ce-quun-titre-certifie-et-comment-lenregistrer-au-rncp/ https://www.digiformag.com/quest-ce-quun-titre-certifie-et-comment-lenregistrer-au-rncp/#comments Mon, 21 Jun 2021 10:30:14 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7042 —- mise à jour de l’article le 05 janvier 2022 —- Le secteur de la formation professionnelle établit une distinction assez importante entre les certifications, les qualifications et les diplômes. En effet, il existe une nomenclature assez précise des diplômes délivrés par l’État via ses ministères et les titres professionnels certifiés délivrés par des organismes […]

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—- mise à jour de l’article le 05 janvier 2022 —-

Le secteur de la formation professionnelle établit une distinction assez importante entre les certifications, les qualifications et les diplômes. En effet, il existe une nomenclature assez précise des diplômes délivrés par l’État via ses ministères et les titres professionnels certifiés délivrés par des organismes publics (autres que les universités et écoles) et privés.

La certification d’une formation ou d’un titre professionnel est considérée comme un gage de qualité et constitue de surcroît une source de revenus pour le dispensateur qui en fait la demande. Les étudiants y sont sensibles quand vient le moment de choisir leur orientation.

Il existe différentes manières de faire certifier une offre de formation, dont l’inscription de cette dernière au sein du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Au programme de cet article dédié au RNCP :

  • la définition du RNCP ;
  • l’émergence d’une nouvelle gouvernance en matière de certification : France compétences ;
  • les différences entre différentes terminologies : certifications, qualifications et diplômes ;
  • les 3 étapes indispensables à l’enregistrement d’une formation à faire au RNCP.

Mise à jour du 9 avril 2020 : l’entrée en vigueur de Qualiopi, certification nécessaire pour bénéficier de financements publics et paritaires, a été repoussée au 1er janvier 2022 (prévue initialement le 1er janvier 2021) conformément aux mesures annoncées dans l’Ordonnance n° 2020-387 du 1er avril 2020.

Définition du RNCP

Le RNCP (répertoire national des certifications professionnelles) rassemble tous les diplômes, titres professionnels, certifications, qualifications et diplômes figurant sur les listes établies par les commissions paritaires nationales de l’emploi des branches professionnelles.

Les certifications qui sont enregistrées au RNCP doivent permettre de valider des compétences et connaissances nécessaires à l’exercice d’un métier.

Pour trouver une formation enregistrée au RNCP, il est nécessaire de se rendre sur l’espace officiel de la certification professionnelle de France compétences et de débuter une recherche en fonction de différents critères :

  • les niveaux de qualifications (titre de niveau 2, titre de niveau 3, etc.)
  • le domaine d’activité (conformément aux dispositions de l’article L.6113-1 du Code du travail).

A noter : seuls les diplômes délivrés par l’État sont d’office enregistrés au RNCP. Tout autre type de qualification ou certification doit faire l’objet d’une demande d’enregistrement.

Attention : les écoles ou organismes de formation ne peuvent être enregistrés au RNCP. Seules les formations le sont. De plus, la durée d’inscription au RNCP est limitée dans le

France compétences : la nouvelle gouvernance en matière de certification

Depuis la promulgation de la loi du 5 septembre 2018, France compétences est l’instance qui centralise toutes les décisions en matière de formation professionnelle et d’apprentissage.

Créée le 1er janvier 2019, France compétences est le seul acteur habilité à délivrer des certifications (exception faite de la certification Qualiopi où le Cofrac accrédite les organismes certificateurs) et à les enregistrer au sein de deux répertoires :

  • le RNCP ;
  • le répertoire spécifique.

L’inscription d’une certification au RNCP ou au répertoire spécifique doit donc être exclusivement établie auprès de France compétences qui devient le seul interlocuteur pour tous les organismes de formation en France.

Certification, qualification, diplôme : quelles sont les différences ?

Si dans la vie quotidienne, il est courant de confondre certification, qualification ou diplôme, ces 3 termes désignent des réalités différentes et ne présentent pas les mêmes finalités.

Les diplômes

À travers différents ministères (ministère de l’Éducation nationale, du Travail, etc.), l’État est le seul acteur habilité à délivrer des « diplômes » dont la durée est permanente (contrairement, par exemple, à une certification inscrite sur un répertoire).

Le diplôme permet de valider une formation initiale ou professionnelle et comprend un cadre structuré qui atteste de l’acquisition de compétences ou de savoirs. Depuis les efforts mis en place pour procéder à une normalisation européenne, tous les diplômes comportent des grades : licence, master et doctorat. Ces grades correspondent à des niveaux de diplômes conformément à un certain nombre d’années d’études (licence = 3 ans, master = 5 ans et doctorat = 8 ans).

Les « diplômes » sont délivrés par l’État notamment à travers les différents ministères (ministère de l’Éducation nationale, de l’Agriculture, de l’Industrie, etc.).

Les CQP

Les certificats de qualification professionnelle (CQP) ont été élaborés à l’initiative des branches professionnelles. Les CQP permettent d’attester des savoir-faire ou compétences relatives à un métier. Ce sont les commissions paritaires nationales de l’emploi (CPNE) qui ont créé les CQP.

Certains CQP ne sont pas enregistrés au RNCP. En effet, ces derniers ont un périmètre de reconnaissance juridique limité à un branche professionnelle donnée ou à une entreprise en particulier.

Les CQP enregistrés au RNCP CPF (compte personnel de formation) ont fait l’objet d’une demande par la CPNE ou par un organisme tiers désigné et mandaté pour la CPNE.

Les certifications

Rappelons que la finalité d’une certification est l’acquisition de compétences nécessaires à l’exercice d’une activité professionnelle. En effet, elle permet d’acquérir des aptitudes pour un métier donné. De plus, conformément à l’article L.6113-1 du Code du travail, une certification inscrite au RNCP doit également comporter plusieurs référentiels permettant de décrire les finalités de la certification (métiers et emplois visés ainsi que les situations de travail et les domaines d’action) et les modalités d’évaluation des acquis.

Il existe différents critères de classification des certifications au sein du RNCP :

  • Niveau de qualification (niveau 1, niveau 2, etc.) ;
  • Domaine d’activité ;
  • Blocs de compétences. Les certifications sont en effet composées de plusieurs blocs de compétences homogènes, cohérents pouvant être validés et évalués de manière autonome. Chaque bloc de compétence est un enseignement indépendant.

Lire aussi : Réforme de la formation : qu’est-ce que la VAE et quels sont les changements apportés par le nouveau décret ?

Titres RNCP et niveaux de diplôme

Tout comme le système LMD (licence, master, doctorat) définit des niveaux de diplômes délivrés par l’État, les certifications professionnelles comportent également un cadre précis. En effet, le RNCP comprend plusieurs niveaux de qualifications. Chacun des niveaux correspond à un niveau de diplôme.

Il existe des correspondances entre les niveaux de diplômes délivrés par l’État et les titres professionnels certifiés par le RNCP. Pour vous aider à y voir plus clair, nous avons synthétisé l’ensemble de ces éléments d’information dans le tableau ci-dessous.

Bon à savoir : un titre professionnel certifié au RNCP est délivré par le ministère du Travail au nom de l’État.

 

Nombre d’années d’études après le bac Diplômes et niveaux d’études Niveau de titre au RNCP Compétences acquise correspondants aux titres professionnels 
Avant le bac CAP, BEP, MC Titre RNCP de niveau 3
Bac Baccalauréat général, professionnel, technologique Titre RNCP de niveau 4
Bac +2 BTS ou DUT Titre RNCP de niveau 5
Bac +3 Licence Titre RNCP de niveau 6 1er niveau de maîtrise de compétences nécessaires pour l’exercice d’une activité professionnelle
Bac +5 Master, MBA, Executive MBA Titre RNCP de niveau 7 Maîtrise de savoirs de base pouvant contribuer à l’exercice d’une activité professionnelle
Bac +8 Doctorat, DBA, PhD Titre RNCP de niveau 8 Capacité à résoudre des problèmes complexes. Conception et pilotage de projets et processus de recherche et d’innovation

Ce tableau récapitule la nomenclature des différents niveaux de certification. Il existe également des équivalences avec les titres certifiés

Les diplômes de niveau 4, correspondant au bac et bac+1, sont nombreux. On y inclut le baccalauréat, la capacité en droit, l’examen spécial d’entrée à l’université, le diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU), le brevet de technicien (BT), le brevet des métiers d’art (BMA), le probatoire du diplôme d’études comptables supérieures (DECS), le brevet technique des métiers (BTM), la formation professionnelle d’établissement (FPE), le brevet professionnel (BP), le brevet pour l’exercice de la profession d’enseignant de la conduite automobile et de la sécurité routière (BEPECASER), le musicien interprète des musiques actuelles (MIMA), le titre professionnel (TP), le brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS), le brevet d’état d’éducateur sportif du premier degré (BEES 1°) et celui d’animateur musical et scénique (AMS). 

On retrouve également de nombreuses équivalences de diplômes de niveau 5, qui correspondent à un bac+2. C’est le cas du brevet de technicien supérieur (BTS), du diplôme universitaire de technologie (DUT), du diplôme universitaire (DU), du diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques (DEUST), du diplôme des métiers d’art (DMA), du titre professionnel (TP), du diplôme d’état de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DEJEPS), du diplôme d’état d’éducateur spécialisé (DEES), du diplôme d’état d’assistant de service social (DEASS), du diplôme d’état de conseiller en économie sociale et familiale (DECESF), du diplôme d’état d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE), du diplôme d’état d’audioprothésiste (DE audioprothesiste), du BM (brevet de maîtrise homologué niveau 5 dans certaines branches ou chambres de métiers), du DNAP (diplôme national d’arts plastiques), du MOF (meilleur ouvrier de France) et du BM (brevet de maîtrise).

Ainsi, la licence professionnelle, le niveau bac+3 du bachelor, le diplôme européen d’études supérieures (DEES) et le diplôme national de technologie (DNTS) sont équivalents à la licence, à savoir un degré de certification de niveau 6 au RNCP. Le niveau bac+4 du bachelor et le master 1, aussi appelé M1, correspondent au niveau bac+4 et ont pour degré de certification niveau 7. Le master professionnel, le master recherche, le master métiers de l’enseignement, le mastère spécialisé, les diplômes des écoles supérieures informatiques, le MBA (Master in Business School) et enfin le doctorat sont tous des diplômes de niveau supérieur au bac+5 et correspondent au niveau 8 au RNCP.

Important : Tout projet de certification professionnelle faisant l’objet d’une demande d’enregistrement au RNCP doit comporter un niveau de qualification, y compris les CQP.

L’enregistrement de son titre au sein du RNCP

La certification d’un titre RNCP doit respecter plusieurs étapes. Dans un premier temps, il est nécessaire de respecter les critères définis par le décret n° 2018-1172 du 18 décembre 2018. Aujourd’hui, la procédure de certification s’effectue uniquement en ligne (la transmission des dossiers par courriers ne sera pas prise en compte par le RNCP) et comprend trois principales étapes.

1. La création d’un compte

Cette démarche peut être effectuée directement depuis le site internet de France compétences. Vous devrez par la suite choisir une entité ou une structure puis déposer des documents indispensables attestant de l’existence légale de votre structure (par exemple : extrait K ou Kbis de moins de 3 mois). La demande d’inscription ne sera validée qu’une fois un e-mail envoyé sur l’adresse avec laquelle vous vous êtes inscrit.

A noter : si la personne responsable du dépôt de dossier auprès du RNCP n’est pas le représentant légal, elle devra être expressément désignée en qualité « d’administrateur entité » par ce dernier dans un courrier daté de moins de 3 mois.

2. Le dépôt du dossier

Les organismes qui souhaitent obtenir l’enregistrement d’une formation auprès du RNCP devront télécharger un dossier téléchargeable et comportant différents éléments (une identification précise de la certification et les référentiels d’activité, de compétences et d’évaluation).

Vous trouverez la liste complète des pièces justificatives à joindre à votre dossier de candidature sur cette page.

De plus, il existe une notice d’aide que vous pouvez consulter en vous rendant ici.

3.Le dialogue avec France compétences

Une fois le dossier de candidature transmis à France compétences, ce dernier évaluera la recevabilité de votre dossier et sa complétude. La demande sera instruite d’abord par la direction de France compétences puis le dossier sera examiné par la commission de la certification professionnelle de France compétences.

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Comment ils sont devenus auditeurs Qualiopi à la Réunion – Interview croisée de Chihab Abdelkrim et Steve Vanesse https://www.digiformag.com/comment-ils-sont-devenus-auditeurs-qualiopi-a-la-reunion-interview-croisee-de-chihab-adbelkrim-et-steve-vanesse/ Tue, 28 Jul 2020 06:30:00 +0000 https://www.digiformag.com/?p=7351 Devenir auditeurs Qualiopi après avoir passé plus de quinze années dans la formation, c’est le défi relevé par deux directeurs d’organismes de formation sur l’île de la Réunion : Chihab Abdelkrim et Steve Vanesse. Le premier a été formateur indépendant avant de devenir gérant de plusieurs organismes de formation et le second s’est d’abord formé en […]

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Devenir auditeurs Qualiopi après avoir passé plus de quinze années dans la formation, c’est le défi relevé par deux directeurs d’organismes de formation sur l’île de la Réunion : Chihab Abdelkrim et Steve Vanesse. Le premier a été formateur indépendant avant de devenir gérant de plusieurs organismes de formation et le second s’est d’abord formé en autodidacte avant de créer Enos formation, un centre de formation agrée Tosa.

Dans cette interview qu’ils nous ont accordée, ils dévoilent les processus de sélection des auditeurs Qualiopi, les modalités de déroulement des audits Qualiopi et nous livrent leurs précieux conseils pour les organismes de formation qui souhaitent obtenir le précieux sésame.

Au programme de cet article :

1- Du monde de la formation professionnelle à celui de la certification qualité

2- Recrutement d’auditeurs Qualiopi : un processus sélectif et rigoureux

3- Le choix de Label Qualité système : une philosophie basée sur l’accompagnement plutôt que sur la sanction

4- Les rôles et missions d’un auditeur Qualiopi

5-Norme ISO, Qualiopi & Datadock : quelles différences ?

6- Un marché réunionnais atomisé, en apparence du moins

7- Les conseils de Chihab et Steve pour obtenir la certification Qualiopi et choisir son organisme certificateur

8-Le déroulement d’un audit Qualiopi

Du monde de la formation professionnelle à celui de la certification qualité

Chihab Abdelkrim et Steve Vanesse sont tous deux issus du secteur de la formation professionnelle. Cet élément constitue une véritable valeur ajoutée puisque nos deux protagonistes ont occupé différents rôles dans ce marché : formateurs, consultants, gérants, animateur pédagogique, concepteur de modules de formation, etc.

Cela leur permet de ne pas intervenir en qualité d’« inspecteurs », mais bien d’accompagnateurs d’organismes de formations dans le processus d’obtention de la certification Qualiopi. De plus, connaissant les problématiques les plus courantes rencontrées par les organismes de formation, ils sont à même de les comprendre, faire preuve d’empathie et de les aider à surmonter les difficultés rencontrées par certains centres de formation.

Outre leurs missions d’auditeurs, Chihab et Steve interviennent d’ailleurs dans la formation et la préparation d’organismes de formation à la certification Qualiopi. À ce titre, le confinement leur a permis de proposer des conférences en ligne sur la compréhension du référentiel national Qualité.

Recrutement d’auditeurs Qualiopi : un processus sélectif et rigoureux

C’est dans le but de certifier leurs propres organismes de formation que Chihab Abdelkrim et Steve Vanesse ont contacté Label Qualité Système, l’organisme certificateur pour lequel ils travaillent en qualité d’auditeurs. “C’est durant le 3e trimestre 2019 que j’ai contacté plusieurs organismes certificateurs dans le cadre de l’obtention de Qualiopi. LQS s’est montré à la fois très réactif et très sérieux puisqu’il m’a très rapidement proposé un devis. C’est par la suite que j’ai appris qu’ils n’étaient pas représentés dans l’océan Indien, notamment sur l’île de la Réunion ou à Mayotte.” comme le souligne Chihab Abdelkrim.

Le processus de recrutement des auditeurs Qualiopi qui comprend plusieurs étapes :

  • Une première sélection sur dossier a lieu où les candidats doivent fournir un CV et constituer un dossier complet comprenant leur expérience professionnelle dans les secteurs de la formation professionnelle et de l’audit.
  • Un premier entretien a lieu et celui-ci permet de déterminer les objectifs du futur auditeur et de valider son parcours.
  • Une première convention est signée entre les auditeurs et l’organisme certificateur.
  • Une 1reformation théorique et généraliste a lieu sur l’audit qualité.
  • Une 2eformation a lieu portant spécifiquement sur Qualiopi.
  • Les candidats auditeurs doivent réaliser un premier audit et interviennent uniquement en tant qu’observateurs sous la supervision d’un auditeur de l’organisme certificateur LQS.
  • La dernière étape consiste à auditer un centre sous la supervision d’un autre auditeur.

Le choix de Label Qualité système : une philosophie basée sur l’accompagnement plutôt que sur la sanction

C’est la philosophie d’aide et d’accompagnement que véhicule l’organisme certificateur Label Qualité Système et c’est ce qui a attiré Chihab Abdelkrim et qui lui a donné envie de représenter cet organisme certificateur sur l’île de la Réunion “plutôt que de fonder notre prestation sur une logique de sanction et de générer une source de stress assez importante auprès des organismes de formation, nous préférons accompagner les organismes de formation en les aidant à comprendre l’enjeu du référentiel national qualitéet quelles actions mettre en place pour y répondre”.

Les deux auditeurs insistent également sur le fait qu’ils laissent aux organismes de formation le soin de diversifier les éléments de preuve à apporter comme le confirme Chihab Abdelkrim “nous laissons le soin aux organismes de formation d’apporter leurs propres pièces justificatives. Par exemple, lorsque les organismes de formation doivent justifier d’une communication sur leur catalogue de formation, nous ne leur imposons pas le fait d’avoir un site internet. Tout document attestant de cette communication est utile et cela peut tout à fait prendre la forme d’une communication graphique de type flyer, affiche, e-mailing etc.

Norme ISO, Qualiopi & Datadock : quelles différences ?

Comme le rappelle Steve Vanesse “la certification Qualiopi ne peut être amalgamée à une norme de type ISO qui est une démarche volontaire. Cette dernière se définit par la production d’un document type comportant toutes les règles à suivre pour respecter cette norme. La norme est délivrée par un organisme de normalisation. Ce qui n’est guère le cas de Qualiopi qui est une marque déposée par France compétence qui s’appuie sur le référentiel national qualité, les décrets publiés par le gouvernement et les ordonnances publiées par la DGEFP. De plus, Qualiopi s’adresse exclusivement aux OPAC (Organismes Prestataires d’Actions concourant au développement des Compétences) afin de leur permettre de bénéficier de fonds publics et paritaires”.

Précisons également que la certification Qualiopi nécessite le respect de 7 critères et au maximum de 32 indicateurs. Les audits réalisés par les organismes certificateurs portent sur la mise en œuvre d’un système qualité global incluant la formation ouverte et à distance, la communication, la veille ou encore la partie pédagogique mise en œuvre par l’organisme de formation.

Lire aussi : Du DataDock au Cofrac : les obligations d’aujourd’hui et celles de demain.

Les rôles et missions d’un auditeur Qualiopi

Ce sont les organismes certificateurs qui missionnent les auditeurs. Ces derniers n’ont aucune démarche commerciale à mettre en place pour assurer la promotion de l’organisme certificateur. Les auditeurs peuvent toutefois proposer des formations ou des accompagnements spécifiques aux organismes avant le déroulement de l’audit initial. Rappelons néanmoins que les auditeurs ne peuvent proposer ce type de prestations aux organismes qu’ils vont auditer.

Si la force du référentiel national qualité est de s’adapter autant aux OF [1], aux CFA [2], aux CBC [3]et aux prestataires VAE [4], ce document reste encore relativement imprécis sur certains items, comme le rappelle Steve Vanesse “c’est sans doute cet élément-là qui inquiète les organismes de formation, car sa lecture peut donner lieu à des interprétations différentes d’un prestataire à l’autre”. Ce sera donc à l’organisme certificateur de préciser le cas échéant la bonne interprétation et le déroulement de l’audit.

Lors de chaque audit, les auditeurs doivent s’appuyer sur le référentiel national qualité et s’assurer que les éléments de preuve présentés par les OPAC permettent de satisfaire au niveau attendu de chaque indicateur du RNQ.

Steve Vanesse et Chihab Abdelkrim insistent tous deux sur l’importance de l’audit de surveillance, le second audit qui intervient entre le 14e et le 22e mois après le premier audit. L’auditeur peut faire preuve d’une plus grande sévérité et vérifiera que les indicateurs ont bien été mis en œuvre par les OPAC dans l’optique d’un processus d’amélioration continue.

Lire aussi : L’interview de Gilles Trichet : « J’ai décroché Qualiopi en tant que formateur indépendant » 

Un marché réunionnais atomisé, en apparence du moins

Le marché de la formation professionnelle sur l’île de la Réunion est différent de celui de la Métropole et se caractérise par la présence importante de très petits centres de formations de moins de 11 salariés. Par ailleurs, nombreux sont les formateurs indépendants qui travaillent dans ce département d’outre-mer comme le rapporte Chihab Abdelkrim “La Réunion comprend plus de 1200 centres de formation. Près d’un tiers de ces acteurs sont des formateurs indépendants et deux tiers sont des structures plus développées.”

Toutefois, tout comme c’est le cas dans l’Hexagone, ce marché est marqué par la domination de gros centres de formations telles que les chambres consulaires ainsi que de de structures parapubliques. Néanmoins, certains mastodontes de la formation professionnelle comme Demos ou Cegos sont absents de ce marché.

La certification Qualiopi risque donc d’épurer ce marché constitué majoritairement de petites structures très spécialisées et de formateurs indépendants. En effet, les coûts liés à la certification risquent d’être conséquents pour ces acteurs, il faut compter en effet en moyenne 2500€ [5] pour obtenir la certification.

Les conseils de Chihab et Steve pour obtenir la certification Qualiopi et choisir son organisme certificateur

Si des offres de “consulting” pullulent sur le marché et proposent aux organismes de formations des “kits” pour mettre en œuvre un système qualité, Steve Vanesse invite à la prudence face aux fausses promesses qui peuvent être nombreuses “Ce n’est pas du tout comme le Datadock qui était une démarche purement déclarative. En effet, il ne suffit pas d’indiquer à son auditeur qu’un outil a été utilisé à un instant T, il faut prouver qu’il est régulièrement exploité et qu’il a permis de mettre en œuvre une véritable transformation des usages pour améliorer la qualité ‘»

Chihab Abdelkrim recommande de ne pas avoir peur de Qualiopi, mais de s’y préparer plusieurs mois à l’avance ‘je conseille de commencer à adopter un système qualité au moins 6 mois avant’. Par ailleurs, il exhorte les organismes de formation à “impliquer les collaborateurs dès le départ, quels que soient leurs domaines d’expertises ou leurs spécialités”.

Steve et Chihab suggèrent de procéder par étapes pour obtenir la certification Qualiopi en débutant cette démarche par le téléchargement du guide de lecture du référentiel national qualité. De plus, ils préconisent également de “relire à plusieurs reprises le guide de lecture. La seconde lecture et les suivantes permettent d’approfondir le sujet et d’identifier les procédures et les processusà mettre à jour. Par exemple en utilisant un fichier Excel, il est possible pour chaque indicateur de déterminer si l’on est non conforme, en partie conforme ou conforme.”

Quant au choix de l’organisme certificateur, nos deux auditeurs invitent les organismes de formation à ‘faire jouer la concurrence’ et à comparer les prix en demandant des devis.

Lire aussi : Qualiopi : les conseils de Gilles Trichet pour choisir son organisme certificateur

Le déroulement d’un audit Qualiopi

Un mois avant l’audit initial sur site, l’auditeur contacte l’organisme à auditer et établit avec lui un plan d’audit. Ainsi, comme le souligne Chihab, cela permet à “l’organisme de formation de savoir en amont quand aura lieu l’audit, comment il se déroulera afin de mieux s’y préparer.”

Le Jour-J, une réunion d’ouverture a lieu permettant de présenter les objectifs, les plans d’audits et d’établir la typologie de non-conformité. Ce rendez-vous entre l’auditeur et le centre de formation permet de poser le cadre et préciser les règles afin d’éviter tout conflit d’intérêts.

Une fois la réunion achevée, le travail d’audit débute par l’analyse de chacun des indicateurs. Ainsi, l’organisme de formation présente les éléments de preuve et échange avec l’organisme certificateur. Ce dernier vérifie que les justificatifs fournis sont pertinents et répondent aux critères du référentiel national qualité.

L’audit de surveillance aura lieu entre le 14e et 22e mois après l’audit initial. Il pourra être réalisé à distance.

L’audit de renouvellement a lieu 36 mois plus tard et doit être réalisé en présentiel. Si l’organisme de formation ne dispose pas de locaux propres, il peut aisément louer des bureaux à l’heure, à la journée ou à la demi-journée (à la réunion, une douzaine de bureaux).

Le Décret 565 définit précisément ce qui relève d’une non-conformité mineure ou majeure. Par ailleurs, les auditeurs peuvent également s’appuyer sur le courrier envoyé par la DGFP à tous les organismes certificateurs.

Si certaines non-conformités mineures peuvent être soumises à interprétation de l’auditeur et de l’organisme certificateurs, les non-conformités majeures sont quant à elles rédhibitoires et donnent lieu à une non-accréditation à Qualiopi.

À propos de Chihab Adbelkrim et Steve Vanesse

Chihab Abdelkrim travaille dans le secteur de la formation professionnelle depuis 28 ans. Il a été formateur, animateur pédagogique et gérants d’organismes de formation. Il a créé sur l’île de la Réunion l’académie des savoirs et osez entreprendre.

Steve Vanesse est formateur, consultant et directeur de Enos formation, un centre de formation agréé TOSA et partenaire EBP Académie.

————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————–[1] OF :  Organismes de formation
[2] CFA : centre de formation des apprentis
[3] CBC : centres de bilans de compétences
[4]VAE : validation des acquis de l’expérience
[5] Le tarif indiqué est donné à titre indicatif. Les coûts de la certification peuvent varier en fonction de la taille de l’organisme de formation audité, du chiffre d’affaires réalisé, de la durée de l’audit, du nombre sites à auditer et de l’organisme certificateur.

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Comment ils ont continué à former pendant le confinement ? Des organismes de formation témoignent. https://www.digiformag.com/comment-ils-ont-continue-a-former-pendant-le-confinement-des-organismes-de-formation-temoignent/ Thu, 09 Jul 2020 10:15:00 +0000 https://www.digiformag.com/?p=7336 Comment poursuivre son activité de formation alors qu’un confinement a été décrété par le gouvernement et que le pays est touché par une importante crise sanitaire ? Quels mécanismes mettre en œuvre pour former ses apprenants, proposer une offre de formation adaptée à leurs besoins et à leurs attentes ? Disposer de “bons” outils digitaux […]

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Comment poursuivre son activité de formation alors qu’un confinement a été décrété par le gouvernement et que le pays est touché par une importante crise sanitaire ? Quels mécanismes mettre en œuvre pour former ses apprenants, proposer une offre de formation adaptée à leurs besoins et à leurs attentes ? Disposer de “bons” outils digitaux est-il suffisant pour former à distance ?

Pour répondre à ces questions, nous avons souhaité interroger des organismes de formations et des formateurs indépendants issus de secteurs d’activité très diversifiés. Découvrez leurs témoignages dans cet article.

Quelles formations proposez-vous et dans quel secteur d’activité intervenez-vous ?

Arnaud Bourhis, directeur de AB formations : AB formation est un centre de formation basé sur l’île de la Réunion. Nous intervenons principalement dans le secteur du transport incluant le transport de voyageurs et de marchandises et dispensons exclusivement des formations d’enseignement supérieures. Notre centre de formation compte deux collaborateurs.

Aujourd’hui, nous formons environ une vingtaine de stagiaires par mois et ce chiffre devrait augmenter dès le mois de septembre. Dans ce secteur, il existe des diplômes obligatoires pour les personnes qui souhaitent diriger une entreprise de transport ou devenir transporteur routier ou dans le cadre de la livraison de marchandises. En effet, ces actifs doivent être détenteurs de « l’attestation de capacité professionnelle ». Notre organisme de formation permet de la préparer. De plus, nous proposons deux titres professionnels dans le transport routier qui sont inscrits au RNCP.

Sandra Bocciolini, fondatrice de Dig It : Dig It est un organisme de formation spécialisé dans le secteur informatique qui intervient plus précisément dans le domaine de l’infrastructure . Entre autre, nous proposons des formations constructeurs / éditeurs Cisco, Azure, Checkpoint, Stormshield, Palo Alto, des formations cybersécurité, méthodologie..

Nous employons principalement des instructeurs qui sont également consultants de terrain et possèdent une expérience solide de terrain. Nous formons une centaine de salariés par an, 70% d’entre eux sont salariés et 30% sont des indépendants qui souhaitent monter en compétences sur ce domaine d’expertise.

Dominique Vasseur, formatrice indépendante en PAO et web marketing : je suis formatrice indépendante et propose mes services dans différents domaines : la PAO (Photoshop, illustrator, InDesign, gimp), dans la création de sites internet WordPress, en HTML, CSS, référencement naturel et community management. Je travaille avec différents organismes de formation et forme chaque année entre 150 à 200 individus. Je privilégie les petits groupes aussi bien pour des formations en présentiel qu’à distance. Mes apprenants peuvent être salariés d’entreprises, demandeurs d’emploi ou professionnels souhaitant acquérir de nouvelles compétences.

Dario Mulloni, responsable formation chez Sergic et animateur d’ Immocampus, organisme de formation interne : Sergic est une société d’administration de biens -dont l’offre de service comprend la copropriété, la gestion locative et les transactions immobilières. L’entreprise, dont le siège social est situé à Wasquehal, compte plus de 700 collaborateurs. Immocampus est l’organisme de formation interne que nous avons relancé cette année. Pour exercer notre activité, nous sommes dans l’obligation d’être détenteur de la carte professionnelle qui ne peut être obtenue qu’au terme d’une formation.

Depuis le début de cette année, nous avons formé près de 600  collaborateurs sur une quarantaine de modules. Notre catalogue de formation interne comprend des offres sur les outils internes, la réglementation, les sujets métiers etc .

Caroline Dufour, responsable administrative et pédagogique chez Anim&com consultant : Anim&Com consultant est un organisme de formation spécialisé dans les domaines de l’animation, du médico-social et du social. Nous proposons également des formations en informatique et en management inclusif (respect de l’égalité homme/femme, respect de la diversité). Nous sommes également signataires de la charte de la diversité et nous sommes labellisés égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et diversité par l’AFNOR.

Historiquement, nos clients sont des crèches, écoles, collèges et lycées. Cependant, depuis quelques mois, nous organisons également des formations à destination des entreprises issues du secteur la restauration. Ces structures sont à la recherche de formations en gestion du stress et gestion du temps.

Évelyne Frugier, formatrice indépendante en fitness :  je suis formatrice dans le secteur du fitness et je suis à mon compte depuis 2000. Mon catalogue est composé exclusivement de formations professionnelles continues et s’adresse à des personnes qui détiennent déjà des diplômes sportifs et qui souhaitent acquérir des compétences dans leur métier ou se former à de nouvelles disciplines telles que le Pilates. Depuis quelques mois, je propose mes formations en fitness et Pilates dans le secteur du bien-être dans les hôtels de luxe ou les SPA.

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Pouvez-vous nous dire comment s’organisaient vos sessions de formation avant le confinement ?

 Arnaud Bourhis : avant le confinement, nous formions exclusivement en présentiel. Personnellement, je ne voyais pas l’intérêt de la formation e-learning et je me montrais même très sceptique quant à l’utilisation d’un logiciel de gestion de la formation. Toutefois, j’avais conscience que les formations en ligne seraient un jour ou l’autre plébiscitées par nos clients et j’avais à ce titre eu quelques demandes de directeurs de structures dans le secteur du transport qui souhaitaient se former à distance en raison d’un emploi du temps trop chargé.

Sandra Bocciolini : avant le confinement, plus  de la moitié de notre catalogue de formation était proposé en distanciel. Notre organisme de formation est en effet équipé et nos consultants formateurs ont la possibilité de se connecter à une plateforme Cisco baptisée « WebexBoard  » afin de réaliser les modules de formation à distance.Le fait de travailler dans un secteur technologique nous a éminemment incités à proposer des formations à distance. Les formations en ligne constituent un argument de vente dans notre secteur et nous permettent de nous différencier de nos concurrents dont la taille est plus importante. Les formations en ligne nous ont permis de cibler de nouveaux clients qui sont dispersés géographiquement (nos sites de formations sont basés à Paris ou à Sophia  Antipolis)  où des clients qui sont déjà en poste et ne peuvent se libérer du temps de formation sur leur temps de travail  C’est ainsi qu’en 2019, nous avons investi pour nous équiper d’une plateforme de visio conferencing haut de gamme CISCO WebexBoard.

Nous avons toujours fait le choix de proposer le même catalogue de formation à distance qu’en présentiel. Les seules formations qui demeurent en présentiel sont celles nécessitant la présence d’un auditeur sur place.

Dominique Vasseur : avant le confinement, toutes mes formations avaient lieu en présentiel. Par ailleurs, j’ai toujours privilégié des petits groupes d’apprenants composés de 5 à 6 personnes. Ce format est davantage adapté à l’apprentissage de nouvelles technologies et m’a permis d’individualiser les parcours de formations de mes stagiaires.

Mes clients, qui sont des organismes de formation répartis géographiquement dans toute la France métropolitaine étaient réfractaires aux formations à distance. J’avais tout de même testé cela il y’a deux ans et j’avais conçu une formation en e-learning dans le cadre de l’obtention d’une qualification professionnelle. J’étais donc déjà ouverte à ce sujet et j’avais déjà compris l’importance de digitaliser mon offre de formation.

Dario Mulloni : avant la crise du COVID, Immocampus  proposait exclusivement des formations en présentiel. Par ailleurs, nous n’avions pas d’outils dédiés à la gestion de nos formations et tout était piloté de manière assez « artisanale » en fonction des besoins des collaborateurs de notre société. À titre d’exemple, toute la gestion de notre formation était réalisée sur Excel. Nous faisions également appel à des prestataires externes pour la gestion de formations en  management  ou liées à certains aspects réglementaires de notre métier. En termes de formation e-learning, avant le confinement, nous proposions uniquement un module de formation dédié à la thématique du RGPD qui était hébergé chez un prestataire externe qui nous avait vendu le module clé en main.

Caroline Dufour : avant le confinement, toutes nos formations étaient proposées en présentiel et certaines en blended-learning. Notre catalogue contenait toutefois certaines formations en e-learning qui étaient réalisées par un prestataire externe. 

Evelyne Frugier : tout mon catalogue de formation était proposé en présentiel. Je pressentais toutefois l’importance du e-learning dans un secteur d’activité où ce type d’offres est très développé. Même si je n’avais pas conçu de formations à distance,  j’avais tout de même filmé plusieurs vidéos de Pilates que je vendais à des entreprises du secteur.

Dans mon métier, la formation à distances soulève d’importantes problématiques. Comme il s’agit avant tout d’exercices physiques , il est important de pouvoir suivre et corriger ses apprenants afin qu’ils puissent réaliser correctement les exercices sans se blesser. Le formateur doit donc anticiper les consignes.

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Quelles formations avez-vous proposées à vos apprenants pendant le confinement ? 

Arnaud Bourhis : nous avons transformé notre catalogue de formation présentiel en e-learning. Par ailleurs, pendant le confinement, j’ai proposé des sessions de formation complémentaires et gratuites afin d’accompagner mes apprenants.

Sandra Bocciolini : pendant le confinement, nous avons à la fois transformé nos formations présentielles en formations à distance et conçu de nouveaux parcours entièrement en e-learning. Ainsi, en à peine une dizaine de jours, nous avons développé notre propre boutique en ligne sur notre site internet afin de permettre à nos clients d’acheter directement leurs formations. Aujourd’hui, près de 80°% de notre catalogue de formation est proposé à distance. 

Par ailleurs, nous avons augmenté le nombre de formations proposées dans notre catalogue de près de 50%. Je considère aujourd’hui que ce choix s’imposait et n’était pas forcément lié à l’actualité ni à la crise sanitaire. Nous devons faire preuve de flexibilité et d’agilité et transformer notre façon de travailler si nous souhaitons continuer à vendre nos formations et pérenniser notre activité.

Dominique Vasseur : les formations que j’ai dispensées pendant le confinement ont été financés grâce au dispositif FNE-Formation. En effet, toutes mes formations en présentiel ont été annulées et certaines ont même été reportées à la rentrée prochaine. Parmi les offres de formation que j’ai proposées figuraient des formations en Office 365, mais également en PAO (Indesign, Photoshop) ou en webmarketing (communication sur LinkedIn notamment).

Dario Mulloni : la période de confinement a été extrêmement riche en matière de conception pédagogique. En effet, nous avons pu mobiliser nos experts internes, d’ordinaire très sollicités, pour déployer une offre de formation en visioconférence. Nous avons également intégré ces conférences dans des séquences e-learning afin de proposer à la fois des formations synchrones et asynchrones. Nous avons également acquis un outil de conception de module SCORM (I-spring Suite) afin de proposer une offre de formation en autoformation.

Caroline Dufour : le confinement nous a amené à proposer l’ensemble de nos formations à distance. Nous avons dû nous adapter aux demandes de nos clients et avons même anticiper leurs besoins  puisque dès le début de la crise sanitaire, nous avons communiqué auprès d’eux pour identifier leurs attentes. Certaines formations telles que celles dédiées à l’entretien des locaux n’ont pu être adaptées au e-learning et ont été annulées ou reportées. D’autres sont depuis proposées en présentiel ou en blended-learning.

Evelyne Fruguier : la première formation que j’ai proposée en distanciel s’adressait aux coachs sportifs pour accompagner des femmes enceintes. Je n’ai inclus aucune vidéo et me suis servie de supports papier. J’ai tout de même proposé des webinaires afin de pouvoir suivirent et corriger mes apprenants. C’était une expérience extrêmement enrichissante et cela m’a prouvé qu’il était possible de se former à distance ! Ma seconde formation de Pilates comportait 28h de cours.  Tous mes apprenants ont accepté de jouer le jeu et de la suivre à distance. Pour ma part, je considère que la communication sur les réseaux sociaux a été cruciale, car j’ai ainsi pu accroître la visibilité de mes offres de formation. La transformation d’une formation en présentiel en formation à distance a nécessité de nombreux efforts. Dans un premier temps, j’ai dû réduire la taille de mes vidéos comme me le recommandait le support client de Digiforma, ma plateforme de gestion de la formation.

De plus, j’ai dû construire un véritable parcours pédagogique en m’appuyant sur les 40 vidéos réalisées et les 85 pages de documentation conçues par mes soins. De plus, afin de m’adapter aux contraintes de mes apprenants ; certains devaient s’occuper de leurs enfants en parallèle ou avaient des contraintes horaires importantes, j’ai rallongé la durée de ma formation et je l’ai étalé sur deux mois. Les retours ont été si positifs qu’aujourd’hui, la formation à distance de Pilates est plus demandée que celle en présentiel qui est beaucoup plus onéreuse.

Quels outils avez-vous utilisés pour former vos apprenants pendant le confinement ?

Arnaud Bourhis : nous avons fait le choix d’utiliser Digiforma afin de gérer toute la partie administrative de notre catalogue en ligne et de proposer des formations à distance. Nous avons réussi à prendre en main l’outil en un temps record. Les tutoriels vidéos et l’aide du support client ont été extrêmement utiles et ont permis cette transition.

Sandra Bocciolini : pour réaliser mes formations en distanciel, j’ai utilisé l’outil de visioconférence de Cisco Webex qui, contrairement à d’autres solutions du marché, est entièrement sécurisé puisque tous les messages envoyés sont cryptés. J’ai également utilisé Microsoft Teams ce qui m’a permis d’être joignable à tout moment et de communiquer avec mes clients. Enfin, je me suis servie de WhatsApp Business qui est un outil de messagerie dédié aux entreprises. 

Dominique Vasseur : pour ma part, j’ai beaucoup utilisé Microsoft Team pour animer des webinaires. Je n’ai pas souhaité imposer d’outils particuliers à mes clients et je leur ai également proposé d’autres solutions telles que Google Meet. Toutefois, j’ai refusé d’animer des formations sur Zoom pour des raisons de sécurités évidentes.

Je n’ai pas utilisé de plateformes de formations à distance de type LMS. Comme je propose des formations de prise en mains du logiciel, j’utilise les solutions de visioconférences pour partager mon écran. Par la suite, je demande à mon apprenant d’en faire de même afin de suivre son travail. Les évaluations des formations étaient en ligne, mais elles étaient réalisées par les centres pour lesquels je travaille. Pour toutes les questions relatives à la signature électronique des documents, j’ai opté pour DocuSign.

Dario Mulloni : à l’origine, notre objectif était de tester un outil qui nous permet de monter progressivement en compétences sur le e-learning. Des solutions telles que 360 learning sont très onéreuses et ne correspondent pas à notre besoin. En effet, nous n’avons pas encore de catalogue en ligne qui puisse justifier l’utilisation d’une telle plateforme.Digiforma répondait bien à notre besoin et nous a permis de structurer notre offre de formation en fonction de différents parcours métiers que nous voulions proposer (par exemple : métiers de la location immobilière), mais aussi des outils que nous utilisons (la suite Google, et en particulier Google Meet avec lequel nous avons animé nos webinaires). Nous savons aujourd’hui que nous ne proposerons jamais d’offres de formation importantes en e-learning. Les modules à distances permettent à nos collaborateurs d’acquérir des notions fondamentales liées à l’exercice de leur activité, mais ils sont toujours complétés par des formations en présentiel. Outre Digiforma, nous avons utilisé Ispring pour créer des modules e-learning. Nous sommes en train de concevoir notre premier module e-learning dont la thématique est le code de déontologie pour agents immobiliers.

Caroline Dufour : nous nous sommes appuyés principalement sur deux outils : Digiforma pour la gestion administrative et la conception de séquences e-learning et Zoom pour animer des formations en visioconférence.

Evelyne Fruguier : depuis presque deux années, j’utilise le logiciel de gestion de formation Digiforma qui m’a permis de piloter toute mon activité de formation et séquencé mes parcours e-learning. J’ai également utilisé cet outil pour animer mes classes virtuelles.

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Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez dû faire face pour former vos apprenants pendant le confinement ?

Arnaud Bourhis : Nous avons dû affronter des problèmes de connexion importants lors de nos classes virtuelles. Le débit internet était très mauvais entre l’île de la Réunion et la Métropole. De plus, nos apprenants habitués aux sessions en présentiel étaient peu motivés pour suivre nos formations à distance. Il ne suffit pas de proposer un nouvel outil à ses stagiaires, il faut aussi mettre en œuvre toute une pédagogie pour les inciter à les utiliser.

 À cela s’ajoute le manque total de connaissance en matière e-learning dans notre département. Aujourd’hui encore, mes confèrent continuent de m’interroger sur le e-learning.

Sandra Bocciolini : les conséquences directes de la crise sanitaire ont été la fermeture administrative de nos locaux, la baisse de notre activité et l’annulation de formations de la part de clients dont l’activité a été ralentie, voire totalement bloquée.

C’est pourquoi nous leur avons proposé de bénéficier des aides de la formation du Fonds national de l’emploi FNE- Formation – mis en œuvre par l’État. De notre côté, cela a nécessité un important travail de conseils et d’accompagnement auprès de nos clients. Les OPCO ont été très sollicités et les temps d’instruction des dossiers ont été rallongés.

Dominique Vasseur : durant une des formations dispensées lors du confinement, j’ai dû former un groupe très réfractaire à la formation à distance. Je me suis aperçue plus tard que cette formation, initialement prévue en présentiel, leur avait été imposée par leur hiérarchie. À distance, les déconnexions sont fréquentes si les personnes sont peu motivées. Le formateur a un rôle clé  à jouer pour à la fois dispenser son savoir, mais également booster ses apprenants. J’ai adapté tous mes cours de formation, j’ai réduit la durée et aménagé de nombreuses pauses pour aider mes stagiaires à assimiler les connaissances. J’ai pu résoudre les problèmes techniques liés aux connexions internet en demandant aux participants des classes virtuelles de désactiver leurs webcams et de ne l’utiliser qu’en cas de besoin.

Dario Mulloni : nous n’avons pas éprouvé de difficultés majeures et nos apprenants étaient très motivés à l’idée de se former à distance. Il a tout de même fallu les accompagner, car certains d’entre eux avaient du mal à suivre les parcours e-learning lorsqu’il fallait utiliser conjointement plusieurs outils : par exemple Digiforma,Google Meet.

Caroline Dufour : nous avons réalisé un important travail administratif auprès des organismes financeurs, afin que nos formations puissent être référencées comme étant accessibles en distanciel. En effet, il a été nécessaire d’adapter les évaluations et les modalités de mises en place de formation, ainsi que les attestations de présence, les modalités d’évaluation, afin de répondre aux besoins de ces acteurs. En outre, le référencement de nos formations sur les sites internet des OPCO prenaient parfois beaucoup de temps et nos clients ont dû annuler leurs formations en présentiel pour passer commande, parfois à la dernière minute, de nouvelles leurs formations à distance. Ces contraintes ont généré un stress assez important pour nous et pour nos clients.

Evelyne Frugier : pour ma part, la problématique à laquelle j’ai dû faire face était la suivante : comment suivre plus de stagiaires tout en proposant moins d’offres de formation ? La classe virtuelle m’a permis de relever ce défi ! En rallongeant la durée de mes formations, j’ai pu suivre et accompagner plus d’apprenants et créer des petits groupes de formations composés de 2 stagiaires. Cela m’a permis de les suivre individuellement et de leur proposer un cours de qualité puisqu’avec la caméra, je pouvais leur montrer les bons exercices à effectuer, leur donner les consignes adéquates et les corriger lorsque cela était nécessaire. Sur un plan administratif, il a fallu modifier des documents afin d’être conforme aux attentes de la Direccte.

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Quels enseignements tirez-vous de cette période de formation pendant le confinement ?

Arnaud Bourhis : la période du confinement a été « bénéfique » à notre activité de formation et nous a permis de nous équiper d’une nouvelle solution adaptée à notre besoin. Cet outil nous a permis de gagner du temps et de mettre facilement à disposition de nos apprenants des ressources utiles et nécessaires. Notre rapport au métier de formateur a également changé. Cette période nous a permis de commencer la conception de notre premier module e-elarning. Il y’a quelques mois, nous n’aurions jamais imaginé nous lancer dans ce pari un peu fou et un peu risqué !

Sandra Bocciolini : je pense que cette période va permettre aux mentalités de changer et d’inciter les apprenants à se diriger plus facilement vers des offres de formation en distantiel. Aujourd’hui, notre organisme de formation est prêt et adapté au distanciel. C’est une belle réussite que nous avons menée alors même que les conditions de travail étaient complexes. Je considère que la communication est extrêmement importante pour notre organisme de formation, mais également pour tous mes confrères. Il faut sans cesse se faire connaître. En outre, pour survivre, nous n’avons plus d’autres choix aujourd’hui que d’innover et de proposer de nouvelles offres à nos clients.

Dominique vasseur : la période de confinement m’a permis de tester la formation à distance. Je trouve que ce format offre de nombreux avantages à la fois pour le formateur, mais également pour les apprenants, cela évite les déplacements et cela peut être plus facilement adapté à des publics qui travaillent déjà ou qui sont éloignés géographiquement. Depuis la fin du confinement, j’ai installé un studio et me suis équipée afin de créer ma première chaine YouTube pour proposer mon catalogue de formation. Actuellement, je travaille sur la scénarisation de mes vidéos.

De plus, j’ai également opéré de nombreux changements d’ordre stratégique : j’ai décidé de créer des formations entièrement en ligne à petits prix des petits groupes d’apprenants qui ne peuvent bénéficier de financement. Pour résoudre toutes les problématiques liées à l’achat de formation en ligne, j’ai conclu un partenariat avec la BPSO (Banque populaire du sud-ouest. C’est elle qui prendra en charge l’intégralité des paiements. Cela va permettre de sécuriser les individus et de lever les freins liés au paiement en ligne. Enfin, j’ai décidé de collaborer avec un centre de formation déjà certifié Qualiopi qui met en œuvre une véritable démarche qualité qui correspond à ma vision de la formation. Je considère en effet que la « qualité et la satisfaction de mes clients » prime sur tout le reste.

Dario Mulloni : cette période a été extrêmement riche en termes de production de contenus. Nous avons saisi l’opportunité qui s’offrait à nous et avons mobilisé tous nos experts formation. Nous avons réussi à créer de nouveaux modules de formation et des parcours pédagogiques qui n’existaient pas avant le confinement. En matière de formation, cette période s’est avérée utile et positive.

Caroline Dufour : nous allons continuer à proposer des formations à distance à nos clients. L’un des principaux enseignements tirés de cette période de confinement est le fait de ne pas procrastiner la conception d’offres de formation à distance. Il est plus que nécessaire de réinventer ses parcours de formation et de la faire maintenant !

Ainsi, nous proposons par exemple la formation BPJEPS en blended learning au rythme d’une semaine par mois à distance et une semaine en présentiel. À titre personnel, nous étions très attachés au présentiel et le confinement nous a permis de nous rendre compte que nos clients étaient très intéressés par le e-learning et par le blended-learning.

Evelyne Frugier : je suis convaincue par les formations à distance, mais je crois qu’il est important de pouvoir suivre et accompagner ses apprenants. C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé de privilégier le tutorat en ligne qui me permet de rester prix compétitif tout en accompagnant mes apprenants et en individualisant leurs parcours de formation.

Malgré les différences liées à leurs secteurs d’activité, à leurs typologies de clients ou encore à leurs statuts juridiques, les organismes de formations interrogés soulignent tous l’importance de réinventer la manière de penser et de dispenser des formations. Ce nouveau virage pédagogique comprend à la fois la création de modules de formation e-learning, l’équipement en nouveaux outils digitaux et la mise en œuvre d’une communication adaptée incluant tous les nouveaux leviers, dont les réseaux sociaux, le site internet ou encore l’e-mailing. 

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« Comment je suis devenu tuteur en ligne pour des formateurs professionnels » Découvrez le témoignage de Marcel Gonzalvez https://www.digiformag.com/comment-je-suis-devenu-tuteur-en-ligne-pour-des-formateurs-professionnels-decouvrez-le-temoignage-de-marcel-gonzalvez/ https://www.digiformag.com/comment-je-suis-devenu-tuteur-en-ligne-pour-des-formateurs-professionnels-decouvrez-le-temoignage-de-marcel-gonzalvez/#comments Fri, 29 May 2020 06:30:34 +0000 https://www.digiformag.com/?p=7294 De quelle manière se déroule une séance de tutorat en ligne ? Quelles sont les spécificités de cette modalité pédagogique et comment bien la préparer afin que les apprenants puissent en tirer entière satisfaction ? Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé Marcel Gonzalvez, un formateur de formateurs spécialisé dans le tutorat en ligne. Pour quelles […]

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Marcel Gonzalvzz, tuteur pour formateurs professionnels

De quelle manière se déroule une séance de tutorat en ligne ? Quelles sont les spécificités de cette modalité pédagogique et comment bien la préparer afin que les apprenants puissent en tirer entière satisfaction ? Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé Marcel Gonzalvez, un formateur de formateurs spécialisé dans le tutorat en ligne.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de devenir formateur de formateurs ?

Après une carrière de presque 30 années dans l’ingénierie informatique, j’ai décidé de profiter d’un congé formation pour me former auprès d’un centre formation et de devenir formateur de formateurs. Le fait de devenir formateur de formateurs est un choix personnel, c’est une manière pour moi de transmettre mes compétences et mon savoir-faire. De plus, j’avais accumulé plusieurs années d’expériences professionnelles en tant que formateur informatique

Quelles sont les principales prestations que vous proposez à vos clients ?

Aujourd’hui, je propose principalement deux types de prestations : la formation de formateurs qui permet à des individus de  devenir formateurs professionnels et le consulting où je suis amené à suivre des formateurs sur une période plus longue (3 mois) et à planifier des rendez-vous hebdomadaires ou bimensuels. J’ai créé deux programmes dédiés à la formation de formateur :

  • Ma formation phare intitulée « Lancer votre business de formateur indépendant en 6 semaines » dont les principaux points forts sont : un accompagnement personnalisé sur un projet concret, une première formation en vente dans les 6 semaines, l’acquisition automatisée de prospects qualifiés, la possibilité pour les clients des formateurs d’obtenir un financement de leur formation, une session garantie pour pouvoir démarrer la formation même si la session est ouverte uniquement pour 1 personne. En outre, la formation peut être financée via un compte personnel de formation (CPF) sur la plateforme « Mon compte formation ». Elle est ouverte à toutes les personnes qui sont en création d’entreprise.
  • J’ai créé le programme de formation : « Concevoir une formation professionnelle pas à pas » pour les experts qui veulent seulement apprendre à structurer leur contenu.

Ces 2 programmes sont aussi disponibles en consulting.

Pouvez-vous nous décrire la typologie de vos clients ?

Actuellement, mes clients sont issus de différents secteurs d’activité, mais ils se segmentent comme suit :

  • Des indépendants qui souhaitent développer une activité de formation.
  • Des salariés qui souhaitent devenir formateurs et veulent s’appuyer sur leur expérience du terrain pour transmettre leurs compétences.
  • Des demandeurs d’emploi qui souhaitent lancer une activité de formation professionnelle.

Pour quelles raisons avez-vous choisi le tutorat en ligne comme modalité pédagogique ?

Il y’a d’abord une conviction personnelle, car je considère que le tuteur doit être dédié à la réussite de ses apprenants et qu’il constitue un élément clé sur lequel ces derniers peuvent s’appuyer. Toutefois, il existe d’autres raisons plus objectives qui m’ont incité à proposer des sessions de tutorat :

  • Le tutorat en ligne s’effectue à distance ce qui offre plus de flexibilité et me permet de réduire mes coûts (liés aux frais de déplacement ou à la logistique) et ceux de mes clients.
  • Toutes mes formations comportent des séances pédagogiques et des séances de tutorat et cette façon de travailler répond parfaitement à ces objectifs.
  • Il y’a également une raison juridique. En effet, en analysant les textes réglementaires de la loi « Avenir professionnel », j’ai pu constater que le législateur insistait, dans les articles consacrés à la formation à distance (D6313-3-1), sur la nécessité de fournir une assistance pédagogique et technique aux apprenants. Le tutorat répond parfaitement à ces exigences puisque le stagiaire est accompagné tout au long de son parcours de formation et ne sent jamais isolé. Un deuxième article de cette loi traite également de l’AFEST (action de formation en situation de travail) et insiste sur la nécessité de désigner un tuteur (D6313-3-2). Même si ma formation s’effectue à distance, je remplis le rôle du tuteur et mets mon client en situation de travail lorsque par exemple je lui demande de concevoir un programme de formation.
  • Enfin, la dernière motivation au choix du tutorat en ligne réside dans ma façon de travailler. Du fait de mon passé d’ingénieur, je travaille toujours en « mode projet » et mon but est de pouvoir accompagner mon apprenant tout au long de son projet de formation. Le tutorat correspond parfaitement à cette manière de faire d’autant plus qu’il me permet de personnaliser le contenu de ma formation en fonction des attentes de mes stagiaires.

Lire aussi : « L’AFEST introduit un changement de mode managérial au sein de l’entreprise » Interview de Luc Lecerf, expert AFEST

Pouvez-vous nous dire comment se déroulent vos séances de tutorat en ligne ?

Toutes mes sessions de formation comportent deux parties : une partie pédagogique et une partie tutorat. La durée de ces séances est d’environ 1 heure et a lieu en moyenne deux fois par semaine. Je considère en effet que cette fréquence est adéquate et efficace pour permettre à mon apprenant de réussir pleinement dans son projet.

Au cours de notre première séance de travail, je demande à mon apprenant de réaliser sa première activité qui consiste à définir un planning de formation sur lequel nous travaillons ensemble. Je profite de ce premier échange afin de lui expliquer comment va se dérouler la formation et lui communiquer toutes les informations dont il a besoin.

À la fin de chaque séance de tutorat, le stagiaire doit réaliser des activités données et fournir ses premiers livrables. Dans la formation phare que je propose, il existe 24 activités.

Quelles différences faites-vous entre la partie pédagogique et la partie tutorale ?

Dans la partie pédagogique, la communication est principalement descendante et c’est donc à moi d’apporter des informations à mon stagiaire. Il s’agit d’une phase d’apprentissage. En tant que formateur, j’utilise la méthode expositive qui me sert à réaliser à présenter des informations données. Je n’hésite pas également à varier les outils pédagogiques et à user de méthodes interrogatives afin d’amener mon apprenant à interagir en lui posant des questions. Par ailleurs, et ce dès la première séance, je m’attelle à la tâche d’identifier les réactions et comportements de mon stagiaire afin d’adapter ma formation en fonction de son feed-back.

La seconde partie qui est dédiée au tutorat consiste en la mise en la réalisation d’activités par l’apprenant. Nous débriefons toujours ensemble les éléments concrets sur lesquels a travaillé mon stagiaire. Ainsi, en tant que tuteur, je lui propose des améliorations qu’il est bien évidemment libre d’accepter ou de refuser. Je considère qu’un tuteur doit proposer et non imposer. Je tiens en effet à responsabiliser mes apprenants.

Le tuteur joue également un rôle de coach, il est là pour motiver « ses troupes » et les booster lorsque ces derniers sont démotivés. Il est donc impératif de les féliciter lorsque ceux-ci ont correctement réalisé une activité afin de les aider à avancer et à concrétiser leurs projets.

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Est-ce que vous concevez un scénario tutoral ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus ?

Je construis un scénario pour toutes mes séances de tutorat. Le scénario tutoral s’imbrique totalement dans une ingénierie de formation puis dans un deuxième temps dans une ingénierie pédagogique. Concrètement, cela signifie que je vais déterminer à l’avance quelles sont les activités que doivent réaliser mes apprenants, à quels moments ils doivent les faire et quels livrables ils doivent me fournir.

Les termes d’ingénierie pédagogique et ingénierie de formation peuvent quelques fois être confondus, quelles différences faites-vous entre les deux ?

Ces notions théoriques sont des éléments clés sur lesquels va s’appuyer un formateur afin de construire une offre de formation.

Je considère pour ma part que l’ingénierie de formation est celle qui doit être effectuée à haut niveau par le formateur. Pour la mettre en place, le formateur doit définir des objectifs à sa formation, analyser les besoins de ses apprenants et définir un cadre global et général à la formation. Il faut également définir les modalités de formation (en présentiel, à distance, en situation de travail, etc.) et rédiger un programme de formation.

Dans l’ingénierie pédagogique, il s’agit surtout de « mettre les mains dans le cambouis » et d’entrer dans le vif du sujet. Le formateur va concevoir un guide d’animation, élaborer un fil conducteur et construire un plan structuré en définissant des sous-objectifs et en déclinant ces derniers jusqu’à être capable de découper le contenu de la formation en grains pédagogiques. La réalisation des supports de formation est également une étape importante de l’ingénierie pédagogique.

Quels sont les livrables que vous délivrez à vos clients avant/pendant et après les séances de tutorat ?

Les livrables varient en fonction des différentes étapes qui jalonnent les parcours de formation de mes apprenants :

  • Au début de la formation : le livret des activités qui comporte un descriptif de toutes les activités à réaliser par l’apprenant. Ce document a été conçu pour être imprimé, car il comporte pour chaque activité une page dédiée à cette dernière et une seconde page qui lui sert à annoter certains éléments.
  • Pendant les séances pédagogiques et de tutorat : le diaporama que je projette est une ressource que je fournis à mon apprenant. Cet élément constitue une base de discussion entre mes apprenants et moi-même.
  • Après la formation : mes apprenants reçoivent une copie de tous les documents sur lesquels ils ont travaillé. De plus, ils ont accès sur la plateforme de formation en ligne sur laquelle je travaille à tous les modèles de documents (tels que le modèle du programme de formation par exemple).

Et pour conclure cet entretien, que recommanderiez-vous aux autres organismes de formations qui souhaitent se lancer dans le tutorat ?

Il y’a plusieurs conseils que je peux donner aux organismes de formation qui souhaiteraient intégrer cette modalité pédagogique :

  • Définir les objectifs du tutorat. Il est important de penser d’abord aux résultats obtenus par les stagiaires. Un formateur doit être capable de répondre à la réponse suivante « en quoi le tutorat va permettre de répondre aux besoins de mes apprenants ? ».
  • Mettre en place des actions pour soutenir le stagiaire. Le tuteur ou le formateur/tuteur doit encourager, motiver ses apprenants et être à l’écoute de leurs besoins.
  • Former les formateurs au rôle de tuteur. Il s’agit en effet d’un métier à part entière qui nécessite un apprentissage propre et l’acquisition de compétences spécifiques.
  • Intégrer un « face à face » avec l’apprenant. Je sais qu’il existe des tutorats de groupe, mais je trouve qu’il est important de pouvoir dialoguer et échanger individuellement avec chacun de ses stagiaires. Même si certains d’entre eux peuvent sembler intimidés, ces entretiens plus « intimes » permettent aux apprenants de se livrer et ainsi de vous communiquer leurs craintes, leurs difficultés et leurs besoins.
  • Se doter d’outils afin de faciliter le parcours du stagiaire. Les nouvelles technologies doivent être au service de l’apprenant. Pour ma part, j’utilise des outils de visioconférences en face à face (tels que Skype), des outils de marketing et de créations de contenus de formation (tels que Systeme.io), des outils de prise de rendez-vous (par exemple Calendly) afin de simplifier les échanges avec mes apprenants. Pour mes vidéos et podcasts, j’utilise également le logiciel Screenflow qui me permet d’enregistrer mes propres interventions et de disposer d’un outil de voix off. Enfin, et cela peut sembler banal, mais je considère que le téléphone est un outil à intégrer dans un parcours pédagogique tutoral. L’apprenant doit pouvoir appeler son tuteur s’il est bloqué ou qu’il fait face à une difficulté.

Textes réglementaires : 

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« La classe virtuelle nous permet de créer des expériences digitales immersives » Interview de Cathia Birac, directrice associée de VitalSmarts® France https://www.digiformag.com/la-classe-virtuelle-nous-permet-de-creer-des-experiences-digitales-immersives-interview-de-cathia-birac-directrice-associee-de-vitalsmarts-france/ Thu, 07 May 2020 10:30:03 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7266 Cathia Birac est directrice associée de VitalSmarts, le représentant français de la société américaine du même nom. VitalSmarts® France est un organisme de formation spécialisé en soft skills [1](communication, management et leadership). L’entreprise est constituée d’une équipe de formateurs et d’une équipe opérationnelle et stratégique occupant les fonctions RH, administrative, marketing et commerciale. Leurs clients […]

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cathia birac, fondatrice de VitalSmarts

Cathia Birac est directrice associée de VitalSmarts, le représentant français de la société américaine du même nom. VitalSmarts® France est un organisme de formation spécialisé en soft skills [1](communication, management et leadership).

L’entreprise est constituée d’une équipe de formateurs et d’une équipe opérationnelle et stratégique occupant les fonctions RH, administrative, marketing et commerciale. Leurs clients sont principalement des grands comptes installés en France ou à l’international.

Former à l’adoption de nouveaux comportements

VitalSmarts® France est un organisme qui est spécialisé dans la formation en soft skills. Nos formations ont pour objectif de prendre conscience de son comportement au travail (manière de communiquer ou d’agir avec ses collègues) et d’en adopter de nouveaux lorsque cela est nécessaire, notamment lors de « moments cruciaux ».

Ces moments cruciaux concernent toutes les occasions où a lieu une interaction sociale entre collaborateurs ou à la suite à des événements particuliers (crise, changement de politiques dans l’entreprise) qui nécessitent l’adoption de nouveaux comportements.

L’être humain ne mesure pas forcément l’impact de son comportement ou de sa communication sur les autres, sur l’atteinte de ses objectifs ainsi que sur les résultats de son entreprise.

Voici à titre d’exemple des comportements du quotidien qui peuvent être contre-productifs : le fait de couper la parole en réunion, de prendre le dessus sur les autres, de juger leurs propos, de remettre en question leur avis… Les conséquences de ces pratiques tant sur la composition du groupe présent dans la réunion que dans l’entreprise dans sa globalité sont souvent sous-estimées.

De même, en cette période singulière de crise, le fait de ne pas adopter de gestes barrières ou le manque de respect en termes de distanciation sociale peut être lourd de conséquences pour tout un chacun. Comment préparer le retour en entreprise et/ou adapter les conditions de travail pour que tout le monde se sente en sécurité pour travailler ? Comment faire pour responsabiliser chacun à respecter les nouvelles « règles » et réengager l’activité vers la croissance ? Tels sont par exemple aujourd’hui les sujets sur lesquels nous pouvons accompagner nos clients.

Un modèle économique qui s’appuie sur « le transfert de compétences »

À côté de nos modes d’interventions classiques, notre modèle économique se caractérise par le fait que nous formons également des formateurs internes en entreprise. Il s’agit dans la plupart des cas de managers RH mais aussi de managers opérationnels aux profils variés. Nous considérons que les soft skills sont plus facilement déployés lorsque transmis par des personnes ayant déjà intégré la culture de l’entreprise. Nous délivrons alors une certification[2] de formateur pour permettre de dispenser nos programmes aux collaborateurs.

Notre programme phare s’intitule « conversations cruciales », il s’agit d’un condensé de plusieurs domaines des sciences sociales, dont la PNL[3], l’analyse transactionnelle et la communication non violente. Nos programmes de formations sont construits comme des « boites à outils » pour d’une part faciliter le transfert de compétence à un formateur, mais surtout permettre une mise en pratique rapide de toute personne formée.

Digitalisation et classes virtuelles, un virage amorcé depuis plusieurs années

À l’origine, toutes les formations que nous dispensions étaient en présentiel. Depuis 2016, nous avons progressivement intégré des dispositifs digitaux dans nos parcours pour permettre aux apprenants d’ancrer leurs apprentissages. Aujourd’hui nous proposons des classes virtuelles, du blended learning, des serious game, du mobile learning, etc.

En 2019, nous avons également commencé à offrir des classes virtuelles pour répondre aux demandes de plusieurs clients qui souhaitaient offrir une même expérience à des collaborateurs dispersés géographiquement au niveau international.

Lire aussi : Comment stimuler votre communauté d’apprentissage à distance ?

La classe virtuelle : une modalité qui permet de créer une expérience immersive

Notre objectif avec nos classes virtuelles est de créer une expérience immersive qui reproduit des conditions d’apprentissages similaires au présentiel.

Le facteur clé du succès réside dans la technologique utilisée. Après avoir étudié plusieurs plateformes, notre choix s’est porté sur une technologie particulièrement innovante, proposée par une start-up. Nous avons été séduits par la simplicité de l’outil et sa performance pour garantir une expérience d’apprentissage de qualité, basée sur de vrais rapports humains, des échanges et temps de travail des participants en sous- groupe et une très belle palette d’outils d’animation (diffusion de vidéos, tableau virtuel, sondages, etc.) Les participants de nos classes virtuelles plébiscitent notamment le fait de pouvoir travailler ensemble sur leurs cas en petits comités, dans des salles de sous-commissions, dans lesquelles le formateur peut se joindre à eux et leur donner un accompagnement personnalisé.

L’animation d’une classe virtuelle requiert une bonne préparation en amont. En tant que formateur, cela nécessite une grande agilité, une concentration accrue, un plein d’énergie et une capacité à engager à distance. Selon notre expérience, la durée d’une session ne doit pas excéder 3 heures de suite (avec une pause bien sûr) car au-delà il est difficile de demeurer concentré pour un apprenant, malgré les échanges permanents entre apprenants et formateurs.

Enfin, pour garantir une expérience de qualité et palier aux possibles aléas techniques, chacune de nos classes virtuelles sont co-animées par un formateur et un modérateur qui intervient sur toute la partie technique.

Lire aussi : Classe virtuelle : pourquoi cette modalité pédagogique favorise l’engagement de vos apprenants ?

La conception d’offres digitales

Pour concevoir nos dispositifs digitaux, nous nous appuyons sur différents éléments :

  • Les besoins de nos clients en analysant leurs problématiques.
  • Notre catalogue de formations actuel et les outils que nous utilisons déjà.
  • Notre connaissance de nos stagiaires qui nous permet de déterminer quels sont les éléments importants pour eux dans la formation afin de pouvoir les transposer dans une formation digitale.

Nous avons commencé à créer des serious games il y’a 4 ans de cela et au fil du temps, notre approche a beaucoup évolué. Nous développons nos dispositifs nous-mêmes grâce à un logiciel auteur (VTS Editor) qui nous permet de créer des expériences immersives qui nous sont propres.

Pour créer un serious game, il est nécessaire avant de se lancer de définir des objectifs clairs, déterminé les messages clés à transmettre et construit un scénario qui capte l’attention.

Nos premiers serious game avaient pour vocation d’ancrer les apprentissages post-formation. Désormais, nous les utilisons également comme un moyen pour tester les apprenants avant le début de la formation et à l’avenir (il s’agit d’ailleurs d’un chantier en cours), ils nous permettront d’offrir un parcours de formation 100 % digital et distantiel. Pour ce dernier chantier, nous avons choisi de nous faire accompagner par Serious Factory, la société éditrice du logiciel auteur VTS Editor.

La révolution du Micro-Doing au service des sciences sociales !

La crise inédite que nous traversons nous a conduits à accélérer notre transformation digitale. Pour répondre à une demande de plus en plus importante de formats courts, de moyens limités et d’apprentissage par l’action, nous lançons notre programme Conversations Cruciales en micro-doing !

Avec peu d’investissement temps (quelques minutes par jour !) et budget, le micro-doing Conversations Cruciales va permettre de développer de nouveaux réflexes de communication. Grâce à notre partenariat avec la société Pulse Expérience, nous sommes désormais en mesure de proposer dans une application mobile des exercices qui ne prennent que quelques minutes et peuvent être réalisés à tout moment de la journée et ce quelque soit le lieu où l’on se trouve. Ludique, simple et engageant, ce format permet de réaliser des micro-actions sur le terrain, des défis à réaliser seuls ou en équipes.

Les challenges à surmonter peuvent être de différentes natures : exprimer quelque chose d’une certaine manière, restaurer la confiance perdue avec un collaborateur, observer le comportement de collègues pendant une réunion, etc. Le responsable formation peut accéder à des données agrégées qui lui permettent de mesurer le retour sur investissement en analysant par exemple le nombre de défis réalisés.

Que de chemin parcouru depuis le début de l’e-learning ! Nous fondons beaucoup d’espoir sur cette nouvelle innovation pédagogique

 

[1] Les compétences « humaines » (soft skills) se différencient des compétences « techniques », les Hard skills. Les formations dans le champ des Soft skills abordent les thématiques qui ont trait, par exemple, au leadership, à la gestion des conflits, à la confiance en soi, à la gestion du stress, à l’intelligence émotionnelle…

[2] Il s’agit d’une certification privée délivrée par VitalSmarts® qui n’est pas certifiante et n’est pas éligible au CPF ou à un quelconque dispositif de formation.

[3] PNL signifie programmation neurolinguistique

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La co-construction du CPF entreprise/collaborateur : une stratégie efficace en 2020 ? Retour sur la conférence du 2 avril 2020 animée par Unow (Partie 2) https://www.digiformag.com/la-co-construction-du-cpf-entreprise-collaborateur-une-strategie-efficace-en-2020-retour-sur-la-conference-du-2-avril-2020-animee-par-unow-partie-2/ Thu, 16 Apr 2020 10:30:53 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7233 Un des principaux thèmes abordés lors de la conférence du 2 avril animée par Unow concerne la création d’une politique CPF par les employeurs. Même si ce dispositif de formation est personnel et lié à l’individu, l’entreprise peut l’intégrer comme une composante de sa politique formation afin de créer des projets communs qui répondent aux […]

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Un des principaux thèmes abordés lors de la conférence du 2 avril animée par Unow concerne la création d’une politique CPF par les employeurs. Même si ce dispositif de formation est personnel et lié à l’individu, l’entreprise peut l’intégrer comme une composante de sa politique formation afin de créer des projets communs qui répondent aux intérêts de toutes les parties prenants. Comme l’affirme Pierre Moncolos, l’enjeu est de créer “une politique de projets partagés et de l’opposition binaire et artificielle des formations qui seraient organisées soit dans l’intérêt exclusif de l’entreprise, soit dans le seul intérêt du salarié”.

Lire aussi : Quelle stratégie CPF mettre en œuvre en 2020 ? Retour sur la conférence du 2 avril 2020 animée par Unow (Partie 1)

Quelles politiques de co-investissement du CPF peuvent être créées par les entreprises ?

Le compte personnel de formation peut parfaitement être intégré dans une politique formation d’une entreprise. Cette dernière peut décider de mettre en œuvre différentes stratégies pour développer l’employabilité de ses collaborateurs :

  • Accompagner les salariés : les entreprises peuvent tout à fait proposer des ateliers ou des sessions dédiées à la prise en main de l’application « mon compte formation » lors d’événements RH par exemple. L’enjeu est également d’informer les salariés sur les possibilités du CPF.
  • Proposer un CPF sur temps de travail : le salarié peut ainsi suivre une formation sur ses heures de travail. Cela permet aux collaborateurs de ne pas poser de jours de congés ou de jours sans soldes. Toutefois, cette stratégie peut s’avérer problématique si l’entreprise décide de former un volume important de salariés. Dans ce cas de figure, il sera nécessaire qu’elle fixe certaines règles en définissant des forfaits (par exemple un versement de 200 € par collaborateur sur leur CPF) des ratios (par exemple pour la formation anglais, il est possible de se former sur son temps de travail pendant 2 jours soit 14heures et si la formation dépasse ce nombre d’heures, le salarié sera obligé de mobiliser ses congés payés ou de recourir à un congé sans soldes) ou en traitant au cas par cas en abondant individuellement chaque CPF de ses collaborateurs. Cette dernière stratégie s’avère toutefois difficile à gérer sur le long terme.
  • Mettre à disposition des formations auprès des salariés : Pierre Monclos recommande de consulter le CSE (Comité social et économique) avant de choisir un organisme de formation. Bien que cela ne constitue pas une obligation légale, cette manœuvre a pour but de se protéger juridiquement et de recueillir l’aval du plus grand nombre. Cette stratégie permet à l’employeur d’identifier les organismes de formation avec lesquels il veut travailler, de sélectionner les formations qui peuvent figurer dans la politique CPF de l’entreprise. Les RF ou RH facilitent le travail des salariés en effectuant un travail de recherches au préalable. De plus, le moteur de recherches de Mon compte formation compte de nombreuses formations ce qui rend la tâche plus ardue pour les collaborateurs de l’entreprise.
  • Négocier un accord d’entreprise sur les abondements du CPF : cette stratégie nécessite un accord de gestion du CPF ce qui signifie que ce dispositif  est considéré comme un un élément clé de leur politique formation. Les entreprises s’engagent alors à financer toutes les formations suivies par les salariés et travailleurs directement avec les prestataires de formation ainsi que la Caisse des dépôts et Consignations (CDC). Cette dernière rembourse les employeurs des montants mobilisés par les salariés dans le cadre de formations co-financés. De plus, les salariés n’ont pas à effectuer de demande dans l’application CPF ce qui simplifie considérablement le processus.

Zoom sur les versements volontaires des entreprises

L’avantage du versement volontaire est qu’il permet aux entreprises d’être exonérées de charges. Toutefois, cette stratégie présente deux inconvénients : le premier est que le salarié peut mobiliser ses fonds et suivre les formations qu’il souhaite sans avoir à en avertir son employeur, le second est que ce sera au salarié de payer l’organisme de formation et que le prix total affiché sera en TTC.

L’entreprise ne pourra pas récupérer la TVA et devra prévoir un montant d’abondement supérieur afin de prendre en compte cette taxe.

Pour réussir, cette stratégie nécessite l’instauration d’une relation de confiance entre le collaborateur et l’employeur et la mise en œuvre d’une procédure d’abondement. Enfin, il est recommandé aux entreprises de se rapprocher des organismes de formation afin de pouvoir disposer d’une traçabilité du suivi des actions de formation par les salariés.

Application CPF : où en est-on en avril 2020 ?

Carine Garchery, Directrice de projets Partenariats à la Direction de la formation professionnelle de la Caisse des Dépôts dresse un bilan positif de l’application CPF pendant entre le 21 novembre 2019 (date de mise en service de l’application) et le 29 février 2019.

Au niveau de l’application :

  • L’application a été téléchargée plus d’un million de fois.
  • 1, 2 millions de profits ont été activés (rappelons que l’activation de profil nécessite la création d’un compte ainsi que l’ajout de son numéro de sécurité sociale afin de connaître son solde d’heures de formation disponibles).
Les chiffres clés de l’application CPF
Les chiffres clés de l’application CPF

Au niveau des inscriptions :

  • 136 000 dossiers ont été acceptés (rappelons que lorsque vous vous rendez votre compte et que vous décidez d’acheter une formation, vos fonds sont automatiquement utilisés et vous réglez la différence par carte bancaire si vous ne disposez pas d’un solde suffisant).
  • 75 000 départs en formation ont été enregistrés.

Bon à savoir : depuis le début du confinement et de la crise sanitaire, les formations en ligne ont augmenté de 10 %.

Lire aussi : Le Compte Personnel de Formation (CPF) : les droits du privé et ceux du public

Application CPF : travaux et évolution en cours

Carine Garchery insiste sur les travaux qui ont été menés pour améliorer le fonctionnement du moteur de recherche de l’application.

La Caisse des dépôts et consignations prévoir un déploiement de portails « Mon compte formation » pour pôle emploi et pour les entreprises. Ces espaces sécurisés permettront à ces deux acteurs de s’identifier et de d’abonder directement les comptes des salariés. Toutefois, comme le précise Carine Garchy, le CPF demeure un droit individuel et il ne sera pas possible pour les entreprises de connaitre le solde dont dispose un collaborateur.

La crise sanitaire repousse toutefois les échéances de lancement de ces deux portails : l’espace dédié à pôle emploi devait être opérationnel en avril 2020 et celui pour les entreprises en juin 2020. Pour le moment, aucune date officielle n’a été communiquée par la Caisse des Dépôts.

Les stratégies à mettre en oeuvre pour co-construire une stratégie CPF sont nombreuses et dépendent de la volonté de chaque employeur d’investir dans ce dispositif de formation pour servir ses intérêts et ceux de ses collaborateurs. Quelle que soit l’option choisie (abondement volontaire, accord d’entreprise, CPF sur temps de travail), l’enjeu est l’accompagnement humain dans le but de faciliter la prise en main de cet outil et de créer une dynamique collective autour du développement des compétences, le maintien de l’employabilité et l’épanouissement personnel et professionnel de ses collaborateurs. 

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Quelle stratégie CPF mettre en œuvre en 2020 ? Retour sur la conférence du 2 avril 2020 animée par Unow (Partie 1) https://www.digiformag.com/quelle-strategie-cpf-mettre-en-oeuvre-en-2020-retour-sur-la-conference-du-2-avril-2020-animee-par-unow-partie1/ Fri, 10 Apr 2020 06:30:02 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7203 La crise actuelle nous amène à nous pencher sur les enjeux liés au compte personnel de formation (CPF) en nous interrogeant sur les stratégies mises en œuvre par les employeurs pour créer des politiques formation CPF et sur la manière dont les organismes de formation peuvent y répondre. C’est dans ce contexte qu’avait eu lieu jeudi 2 avril un […]

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La crise actuelle nous amène à nous pencher sur les enjeux liés au compte personnel de formation (CPF) en nous interrogeant sur les stratégies mises en œuvre par les employeurs pour créer des politiques formation CPF et sur la manière dont les organismes de formation peuvent y répondre.

C’est dans ce contexte qu’avait eu lieu jeudi 2 avril un webinaire qui avait rassemblé différents acteurs du secteur de la formation professionnelle :

  • Jean-Pierre Willem, consultant et spécialiste du CPF
  • Pierre Monclos, DRH et expert en Digital Learning auprès de Unow
  • Arnaud Portanelli, co-fondateur de Lingueo
  • Léa Roussette, chargée de développement RH – DRH du groupe VYV
  • Carine Garchery – Directrice de projets Partenariats à la Direction de la formation professionnelle de la Caisse des Dépôts
Web conférence d'Unow sur la stratégie CPF en 2020
Web conférence d’Unow sur la stratégie CPF en 2020

CPF : quelle utilisation pour quelle situation ?

En période de confinement, la situation du citoyen pour utiliser son compte personnel de formation se pose d’autant plus qu’une partie des salariés sont au chômage partiel et que certaines entreprises ont décidé de profiter de cette période pour amorcer des politiques formation.

Jean-Pierre Willem distingue ainsi différentes situations d’utilisation du CPF :

  • Salariés en activité partielle: s’ils sont d’accord, ces derniers peuvent tout à fait mobiliser leurs droits de formation acquis et suivre une action de formation sur le compte « mon compte formation.
  • Salariés en arrêt maladie: les salariés peuvent continuer à suivre leurs actions de formation même en arrêt maladie s’ils obtiennent l’accord de leur médecin traitant et de la casse de sécurité maladie.
  • Salariés en arrêt maladie pour garde d’enfant: cette situation dérogatoire ne peut justifier l’arrêt du suivi d’une action de formation.
  • CPF autonome: dans ce dernier cas de figure, les salariés utilisent les fonds alloués sur leur compte personnel de formation et complètent eux-mêmes les fonds versés si leur solde s’avère insuffisant.

Un CPF co-construit entreprise /salarié : une opportunité pour les organismes de formation ?

L’éligibilité d’une formation au compte personnel de formation est une stratégie que tout organisme de formation peut décider de suivre puisque l’obligation de certification au 1er janvier 2022 rend obligatoire l’obtention d’une certification (dont le CPF). De plus, même en cas de financement privés, l’éligibilité au compte personnel de formation peut s’avérer indispensable dans le cadre d’un CPF co- construit avec une entreprise ou constitue un gage de qualité pour d’autres types d’acteurs.

Dans le cadre d’une co-construction d’un CPF entre entreprise et collaborateur, l’organisme de formation peut assurer différentes missions afin de répondre aux besoins des entreprises :

  • Fournir toutes les informations (brochures, liens vers le site internet) aux entreprises concernant les formations sélectionnées par ces derniers.
  • Créer des « packs » de formations avec un tarif dégressif pour les entreprises qui forment plus de « X » stagiaires. Cela signifie que le centre de formation doit disposer d’une politique commerciale attractive. Cela nécessite une double facturation de la part de l’organisme de formation (voir ci-dessous) ce qui peut occasionner un travail administratif supplémentaire.
  • Faire preuve d’agilité en proposant des formations dont les durées peuvent être modifiées afin de s’adapter aux besoins des entreprises.
  • Être capable de créer une formation éligible au CPF « sur-mesure » pour répondre à certaines attentes spécifiques des entreprises. Il ne s’agit pas forcément de modifier 100% du contenu votre formation mais d’en adapter certains aspects. Par exemple si vous proposez une formation en langue anglaise à des commerciaux dans le secteur pharmaceutique sur l’application CPF et qu’un nouveau client du secteur de la grande distribution vous contacte pour former ses équipes commerciale, vous pourrez ajuster vos modules de formation pour répondre plus spécifiquement à ses besoins.
  • Par ailleurs, les abondements par l’entreprise sont d’ores et déjà possibles. Le paiement des 25 % des formations avant l’entrée en formation par les entreprises permet aux dispensateurs de formation de disposer de fonds sur leur trésorière.

Bon à savoir : le portail CPF pour entreprise n’étant pas encore disponible, si vous proposez une formation spécifique à une entreprise, celle-ci sera visible par tous sur l’application “mon compte formation”. 

Lire aussi : En 2022 : pas de financements Opco et CPF sans certification Qualiopi

La double facturation en cas de tarifs négociés et d’abondements volontaires

Cette situation singulière déjà mise en place par plusieurs organismes de formation dont Unow ou Lingueo vous permet de proposer un tarif préférentiel à une entreprise qui souhaite abonder les comptes personnels de formation de ses collaborateurs.  Cette procédure a lieu en différentes étapes :

Pour vous aider à y voir plus clair, prenons l’exemple d’une formation au management d’équipe à 1090 € HT avec un taux de TVA de 20 %.

Vous décidez d’octroyer une remise de 20 % à votre client soit un montant total de 872 € HT. Votre client décide d’abonder le compte de son salarié pour un montant de 200 € soit 672 € HT. Il reste donc 672 € HT soit un montant de 806,4 € TTC sur le CPF du salarié.

Double facturation dans le cadre de frais négociés et de versements volontaires par l'entreprise sur le CPF
Double facturation dans le cadre de frais négociés et d’abondement volontaires de l’entreprise

Rappel : même si vous négociez un tarif HT avec votre client, le salarié de celui-ci paiera en TTC sur compte personnel de formation.

  • Etape 1 : Votre formation est éligible au CPF et est actuellement disponible sur le portail « mon compte formation »
  • Etape 2 : l’entreprise négocie avec vous un tarif préférentiel à 872 € HT (soit une remise de 20 %)
  • Etape 3 : Pour cela, l’entreprise doit créer un process interne d’abondement volontaire
  • Etape 4 : l’entreprise ou le salarié vous prévient de sa future demande sur l’application CPF
  • Etape 5 : le salarié effectue sa demande de formation dans l’application CPF à un prix de 1308 € TTC.
  • Etape 6 : Vous modifiez le prix de la formation et engagez les crédits CPF à un montant de 806,4 € TTC
  • Etape 7 : vous refacturez l’abondement à l’entreprise pour un montant de 200 €
  • Etape 8 : le salarié peut faire son entrée en formation

Vous l’aurez compris, même en temps de crise sanitaire, vous pouvez tout à fait proposer vos offres de formation e-learning aux entreprises. Cette période est propice pour conclure des accords avec des entreprises dans le cadre d’un politique CPF co-financé. C’est également le moment d’adapter vos formations (même celles qui sont déjà en e-learning ! ) aux besoins des entreprises. Comme l’a précisé Arnaud Portanelli, le gouvernement incite les employeurs à « former plutôt qu’à licencier », c’est donc aux organismes de formation de saisir cette opportunité pour continuer à former et à développer l’employabilité de millions d’individus actuellement en activité partielle. Dans une deuxième partie, nous nous intéresserons aux politiques de co-construction du CPF.

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Découvrez des ressources complémentaires pour construire une stratégie CPF en 2020 :

 

L’article Quelle stratégie CPF mettre en œuvre en 2020 ? Retour sur la conférence du 2 avril 2020 animée par Unow (Partie 1) est apparu en premier sur Digiformag.

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Comment poursuivre votre activité de formation en période de confinement ? Nos conseils pour vous lancer dans le e-learning ! https://www.digiformag.com/comment-poursuivre-votre-activite-de-formation-en-periode-de-confinement-nos-conseils-pour-vous-lancer-dans-le-e-learning/ Fri, 03 Apr 2020 10:00:05 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7200 Depuis le 16 mars dernier, les organismes de formation ne sont plus autorisés à recevoir du public suite à la crise sanitaire que nous traversons actuellement impliquant. S’il ne fait aucun doute que cette décision gouvernementale est indispensable pour prévenir, garantir et soigner tous les citoyens, elle implique l’annulation de toutes les sessions en présentiel […]

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Depuis le 16 mars dernier, les organismes de formation ne sont plus autorisés à recevoir du public suite à la crise sanitaire que nous traversons actuellement impliquant. S’il ne fait aucun doute que cette décision gouvernementale est indispensable pour prévenir, garantir et soigner tous les citoyens, elle implique l’annulation de toutes les sessions en présentiel ou leurs transformations en sessions e-learning. Cette initiative est d’ailleurs largement encouragée par le gouvernement qui publie une liste d’outils mis à disposition de tous les organismes de formation. Ces nouvelles mesures incitent tous les dispensateurs de formation à prendre un nouveau virage stratégique : celui du numérique pour poursuivre leur activité de formation.

Basculer vers le e-learning, oui, mais comment ? Comment changer des habitudes chèrement acquises ? Faut-il repenser tout son catalogue de formation ? Des questions que tout formateur ou organisme de formation est en droit de se poser et auxquelles nous répondons à travers cet article et via notre série de tutoriels. L’objectif est de vous fournir les clés dont vous avez besoin pour amorcer ce nouveau changement.

Identifier les formations à transformer en e-learning

A la question de savoir s’il est nécessaire de renouveler l’intégralité de son offre de formation, la réponse est non. Pour commencer du moins. Même s’il est difficile de prévoir l’avenir. Il est probable qu’à la rentrée prochaine, les sessions en présentiel reprennent. Mais en attendant, il est important de poursuivre votre activité durant la période de confinement. Il est donc important d’identifier les formations qu’il faut transformer en e-learning parmi lesquelles figurent (attention, cette liste est non exhaustive, à vous de l’adapter à votre situation actuelle) : — le

  • Des formations qui devaient se tenir dans les semaines à 3 mois à mois à venir ;
  • Des formations qui n’ont pas été annulées par vos clients ;
  • Des formations qui génèrent le plus de chiffres d’affaires ;
  • Des formations qui sont les plus « faciles » à transformer en e-learning. Cette facilité doit bien évidemment tenir compte des outils mis à votre disposition, du contenu de la formation qui peut être aisément découpée en séquences e-learning et des formateurs qui sont dédiés à ces tâches.

Vous disposez donc déjà d’un programme précis et d’un plan pour votre future formation e-learning.  Il ne s’agit donc pas de révolutionner votre activité. Ni de partir de zéro.

Lire aussi : nos tutoriels vidéo pour transformer une formation en présentiel en formation e-learning.

Comprendre ce qu’est l’e-learning et quels moyens il implique

Tout le monde semble comprendre ce qu’est l’e-learning du moins sur le papier. Mais nous ne saurons trop vous recommander de vous replonger dans la lecture de ressources documentaires dédiées à ce sujet. L’enjeu n’est pas tant d’accumuler des connaissances théoriques sur le sujet, mais de comprendre :

  • Quelles sont les principales différences entre les formations en présentiel et les formations en e-learning ?
  • Quelle distinction existe-t-il entre une activité synchrone (où l’interaction entre le formateur et les apprenants s’effectue en temps réel, c’est par exemple le cas de la classe virtuelle) et une activité asynchrone (où les échanges entre apprenants et formateurs sont réalisés via des modes de communication qui ne sont pas simultanés)).
  • Quels sont les freins à l’apprentissage à distance et comment y faire face ?
  • Comment se comporte une communauté d’apprenants à distance ?
  • Comment scénariser un module e-learning ? Vous ne pouvez reprendre à l’identique un le contenu d’une formation en présentiel et le transposer tel quel dans une formation e-learning. Cela fera l’objet de notre prochain paragraphe.
  • Quels sont les moyens dont vous disposez pour transposer une formation du présentiel vers le e-learning ? Une connexion internet haut débit est parfois nécessaire afin de pouvoir diffuser votre contenu et éviter les déconnexions intempestives. En France, l’État, les collectivités et les fournisseurs internet se mobilisent déjà pour garantir le meilleur débit possible. Qui dit moyens, dits outils. Outre les outils de visioconférences, il existe différentes plateformes LMS dont les tarifs restent accessibles à de nombreux organismes de formation. Si la perspective vous effraie, sachez que nombreux sont les éditeurs e-learning à proposer des formations gratuites pour aider à prendre en main l’outil.

Pour aller plus loin : pourquoi ne pas commencer par vous former au digital ? De nombreux acteurs de l’Ed -Tech proposent des webinaires gratuits. De plus, YouTube regorge de tutoriels et fiches pratiques pour vous aider à passer le cap. Si vous disposez de temps et de ressources financières nécessaires, vous pouvez également investir dans des formations plus longues payantes.

Le contenu est roi : pourquoi il faut scénariser vos modules de formation ?

Le rythme d’une formation en présentiel diffère de celui d’une formation en e-learning. Sauf dans le cadre d’activités synchrones, il n’est pas toujours possible de mobiliser vos apprenants sur des créneaux horaires stricts et planifiés en amont. Vos stagiaires peuvent en effet se connecter à toute heure et suivre à n’importe quel moment du jour comme de nuit vos formations. Le contenu est donc davantage fragmenté et moins linéaire.

En outre, en distanciel, il est parfois plus difficile de motiver les apprenants qui se trouvent seuls face à leur outil informatique. Il est donc nécessaire de changer sa pédagogique pour s’adapter à ce nouveau défi.

Adopter une démarche centrée sur l’expérience apprenant

Avant de commencer à scénariser votre module de formation, pensez à vos apprenants. Vous devez donc adapter une démarche « learning centric » c’est-à-dire centrée sur l’expérience de vos apprenants ex. Interrogez-vous donc sur les problématiques qu’ils rencontrent et faites-en sorte que votre module de formation apporte des solutions concrètes.

Granulariser son parcours de formation e-learning

Pour transformer un cours en présentiel en un cours en distanciel, vous devez découper chaque partie de votre formation en sous-parties. Dans le jargon e-learning, on appelle ça la « granularisation de la formation » qui est un dispositif de formation qui permet de découper un programme en entités pédagogiques indépendantes. Chaque grain peut être découpé lui-même en plusieurs grains, eux-mêmes découpés en plus petits grains. Le plus important est que chaque grain soit simple à réaliser par votre apprenant. Vous pouvez tout à fait associer un grain à une activité pédagogique donnée ([par exemple : vidéo, ressources à télécharge, quiz etc.].

Par exemple pour une formation e-learning intitulée « rédaction web », ma formation peut comporter un premier module « Définition de la rédaction web » lui-même découpé en plusieurs grains :

  • Différence entre la rédaction web et la rédaction sur autre support
  • Caractéristiques de la rédaction web
  • Comment optimiser la rédaction web pour les moteurs de recherches ? [une partie qui elle-même est sous-divisée en d’autres sous-parties] :
    • Respecter une arborescence pour rédiger sur le web ;
    • Intégrer des mots clés, etc.

Après la sous-partie « Les caractéristiques de la rédaction web », je peux tout à fait y inclure un quiz e-learning pour vérifier que mes apprenants ont bien assimilé ces notions clés. Deux astuces supplémentaires pour scénariser vos contenus efficacement

votre module e-learning doit comporte des mises en situation qui s’inspirent de la vie réelle de vos apprenants. Ces simulations doivent également montrer aux apprenants des résultats à leurs actions. Par exemple si vous formez des conseillers de vente, vous pouvez non seulement intégrer des simulations d’entretien de vente, mais montrer qu’en fonction de tel ou tel choix effectué, le résultat en sera impacté.

Dans le but de stimuler vos stagiaires, n’hésitez pas à varier les activités au sein de votre module de formation. Outre les quiz e-learning que nous avons vu précédemment, vous pouvez tout à fait réaliser des vidéos explicatives, le téléchargement de ressources indispensables pour comprendre certaines notions de votre cours ou encore l’animation d’une classe virtuelle qui va vous permettre d’interagir avec vos apprenants. D’au.

Pour aller plus loin : comment stimuler votre communauté d’apprenants à distance ? 

L’interaction et écoute : maîtres mots d’une formation en e-learning

Ce n’est pas parce que la formation a lieu à distance que votre rôle de formateur se limite à la production et à la scénarisation de contenus. En effet, l’e-learning suppose d’assumer différents rôles dont celui d’animateur, modérateur ou encore de de médiateur. Le premier suppose de créer un espace de discussion dédié aux discussions entre apprenants et entre apprenants et formateurs. Votre mission est donc de stimuler les échanges, mais également d’être à l’écoute des problématiques rencontrées par vos apprenants en répondant à leurs questions, en leur fournissant les ressources dont ils ont besoin et en les orientant vers les bons interlocuteurs.

Le second signifie que vous allez devoir un animer ces interactions en allouant un temps de parole à vos participants, en disciplinant les échanges en rappelant les règles de bonne conduite.

Vos stagiaires doivent pouvoir s’exprimer librement [dans la limite du respect de règles d’utilisation que vous aurez préalablement fixées], d’échanger leur point de vue, mais également de partager des ressources écrites ou vidéo. Ces espaces qui peuvent prendre la forme de forums de discussions par exemple.

Pour autant, votre rôle d’intermédiaire est toujours aussi important puisque vous avez un rôle à jour pour servir d’intermédiaire dans la construction de parcours pédagogique en favorisant l’utilisation de dispositifs de formation tels que le compte personnel de formation [CPF] ou en redirigeant les apprenants vers des ressources numériques annexes.

Période de confinement ne rime pas forcément avec période d’arrêt d’activité, bien au contraire. Le virage du digital est loin d’être aisé et prend du temps, c’est la raison pour laquelle, il est plus que nécessaire de repenser ses modèles de conception pédagogique maintenant et de commencer petit à petit à numériser ses premières formations. Cela vous permettra de poursuivre votre activité, de vous adapter à la situation présente, mais également d’anticiper les prochains mois. Les formations ouvertes et à distances [FOAD] que vous aurez créées aujourd’hui vous permettront de créer un catalogue 100 % e-learning ou d’intégrer une dimension e-learning à d’autres parcours en présentiel que vous proposez.Si la tâche vous semble trop ardue, complexe et onéreuse, pourquoi ne pas imaginer une collaboration avec d’autres organismes de formation, d’autres formateurs plus « habitués » au numérique ? Face à une crise qui touche tout le monde, pourquoi ne pas déployer une synergie pour créer les formations de demain.

 

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Comment stimuler votre communauté d’apprentissage à distance ? https://www.digiformag.com/comment-stimuler-votre-communaute-dapprentissage-a-distance/ Fri, 27 Mar 2020 10:00:18 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7169 Stimuler une communauté en lignes d’apprenants adultes relève parfois de l’impossible tant les défis sont nombreux. En effet, dans un parcours de formation à distance, les stagiaires sont autonomes et les activités sont le plus souvent asynchrones (c’est-à-dire que les échanges entre apprenants et formateurs ne sont pas simultanés). Pour autant, il existe différents leviers […]

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Stimuler une communauté en lignes d’apprenants adultes relève parfois de l’impossible tant les défis sont nombreux. En effet, dans un parcours de formation à distance, les stagiaires sont autonomes et les activités sont le plus souvent asynchrones (c’est-à-dire que les échanges entre apprenants et formateurs ne sont pas simultanés). Pour autant, il existe différents leviers qui vous permettront de métamorphoser une expérience pédagogique ennuyeuse en une expérience engageante et stimulante. Découvrez nos conseils dans cet article.

Annoncez les enjeux, objectifs et bénéfices de la formation

Il est nécessaire pour ne pas dire indispensable que vos apprenants aient bien assimilé les enjeux et les objectifs liés à la formation e-learning qu’ils sont en train de suivre. Cette formation leur permettra-t-elle d’acquérir un nouveau diplôme en management qui est indispensable à l’évolution de leurs carrières ? Ou permettra-t-elle à des commerciaux d’une entreprise d’augmenter les ventes grâce à une meilleure compréhension de leurs clients et des mises en situation concrètes ?

Même si cela vous semble évident, vos apprenants n’ont pas toujours conscience des objectifs à atteindre en participant à cette formation et c’est d’autant plus vrai lorsque ces derniers ont subi des pressions (de leur part de leur hiérarchie par exemple) pour suivre tel ou tel module. Les objectifs et les enjeux doivent être clairement précisés avant même le début de la formation et être rappelés dès les premières minutes de votre premier cours. En outre, n’hésitez pas intégrer des objectifs chiffrés, quand vous le pouvez, à votre module.

Enfin, on ne saurait trop vous conseiller d’annoncer les bénéfices de chaque module de formation. C’est une excellente manière de les stimuler. Par exemple, vous pouvez tout à fait ajouter en début de votre séquence e-learning « à l’issue de ce cours, vous aurez déterminé les principaux freins à l’achat de vos clients et disposerez de solutions clés en main pour les résoudre ».

Inspirez-vous de problématiques réelles rencontrées par les apprenants

Afin que les apprenants puissent s’engager pleinement dans leur parcours de formation, ces derniers doivent pouvoir se projeter dans les exemples ou situations que vous leur proposez. N’hésitez pas à interroger, lors de la conception pédagogique de votre formation, les responsables hiérarchiques d’une entreprise ou encore vos futurs apprenants sur les problématiques qu’ils vivent au quotidien et les défis auxquels ils font face. N’hésitez pas à utiliser le questionnaire préformation pour vous informer de ces éléments. L’objectif de votre cours doit être de les aider à résoudre des problèmes concrets qu’ils rencontrent au quotidien

Créer un parcours pédagogique comportant des deadlines précises

Si les formations e-learning laissent une certaine autonomie aux apprenants pour assimiler leurs connaissances à rythme, celle-ci doit être encadrée par vos soins. Qu’il s’agisse de questionnaires de satisfactions, de jeu, de comptes-rendus ou d’exercices pratiques, toutes les activités que vous proposez à vos apprenants doivent comporter une échéance de temps. Ces dernières varient en fonction des activités proposées, du type de module proposé ainsi que de l’audience à laquelle vous vous adressez.

Récompensez vos apprenants

Les récompenses les plus courantes proposées par les organismes de formation ou entreprises concernent l’obtention d’une certification ou d’une qualification professionnelle. Ces éléments peuvent motiver vos stagiaires et les inciter à compléter tous leurs modules de formations. Toutefois, qu’en est-il si la formation que vous proposez n’aboutit à aucune certification ou à aucun diplôme ? Dans ce cas de figure, vous pouvez tout à fait fournir des preuves de l’efficacité de votre formation : en intégrant des témoignages d’anciens apprenants qui attestent des bénéfices de votre parcours pédagogique ou en faisant intervenir des experts métiers qui jouissent d’une certaine légitimité dans le secteur et qui vont certifier de l’efficacité et de la pertinence de suivre votre formation.

Il est également possible de récompenser vos stagiaires en organisant des défis qui prennent forme de jeux pédagogiques où vous allez instaurer une compétition et dresser un classement de tous les participants. Les jeux imaginés peuvent être de différentes sortes : un questionnaire de rapidité, un jeu de rôle, une mise en situation. Nul besoin d’investir dans des solutions technologiques très développées pour intégrer une dimension ludique à votre formation.

Vous pouvez récompenser tous les participants en leur offrant des récompenses qui peuvent diverses et variées en fonction des objectifs de votre parcours pédagogique et du profil de votre audience. Il est fortement recommandé d’intégrer des récompenses en lien avec la formation : par exemple une place à un séminaire, la participation à un événement ou encore la rencontre avec un expert connu du domaine.

Créer des interactions entre les apprenants

Nombreux sont les outils en e-learning vous permettant de créer des échanges et interactions entre vos stagiaires. Les forums de discussion sont certainement les plus répandus à condition toutefois de fixer des règles de bonne conduite tout en animant cet espace en posant des questions à vos participants, en lançant des débats par exemple. Certaines plateformes e-learning proposent également des forums de discussion permettant le partage de documents textes ou vidéos. En outre, certaines mécaniques sociales (le j’aime, le cœur, etc.) peuvent être ajoutées afin accroître l’engagement de vos apprenants.

Les classes virtuelles constituent également de formidables leviers pour générer de l’interactivité car elles permettent un échange synchrone entre les apprenants et le formateur. Vous pouvez consulter notre article dédié aux classes virtuelles pour en savoir plus sur cette modalité pédagogique.

Inventez des histoires !

Les adultes tout comme les enfants sont friands d’histoires qui leur permettent de s’évader et de se projeter dans un nouvel univers. En formation aussi, raconter des histoires à vos apprenants est un levier pour susciter de l’engagement. Vos histoires doivent déclencher des émotions et s’inspirer de situations réelles et de problématiques vécues par vos apprenants. Ces histoires peuvent par exemple être racontées avec une voix off en utilisant une musique d’ambiance.

Oubliez votre rôle de formateur

Dans un parcours pédagogique e-learning, vous interprétez plusieurs rôles : celui de formateur, d’animateur ou encore d’apprenant. En effet, vous pouvez tout à fait confier le rôle de formateur aux apprenants et leur proposer de partager leurs savoirs et connaissances en créant des ressources à partager auprès d’autres apprenants tels que des dossiers, des blogs ou encore des sites internet. Pourquoi ne pas demander à vos stagiaires d’expliquer à leurs collègues les notions clés du parcours de formation en vidéo ? Ces exercices visent à mettre en pratique les notions assimilées et à favoriser la mémorisation.

Découpez vos modules de formations en différentes séquences

La division d’un module de formation en plusieurs séquences permet d’améliorer la rétention d’informations de vos stagiaires et de varier les rythmes d’apprentissage. En effet, le fait de scinder un parcours de formation en plusieurs parties vous permet d’intégrer différentes activités. Vous pouvez ainsi intercaler un quiz après le visionnage d’une vidéo pédagogique. Outre le fait de tester les connaissances de vos stagiaires, cela va vous permettre de stimuler vos apprenants et de susciter un engouement pour la formation.

Dans cet article, nous vous avons fournir différentes astuces à tester pour susciter la motivation chez des apprenants adultes. Cette liste est toutefois loin d’être exhaustive et il existe d’autres manières de stimuler vos stagiaires. Le plus important étant de maintenir un lien permanent avec votre communauté d’apprenants et de faire évoluer vos parcours pédagogiques en fonction de leurs attentes dans le but de créer des expressions d’apprentissages toujours plus engageantes et surprenantes.

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Classe virtuelle : pourquoi cette modalité pédagogique favorise l’engagement de vos apprenants ? https://www.digiformag.com/classe-virtuelle-et-pedagogique/ Tue, 17 Mar 2020 12:00:52 +0000 http://www.digiformag.com/?p=7157 — mise à jour de l’article le 28 juin 2021 — En ces temps de confinement dû à la crise sanitaire, l’e-learning apparaît plus que jamais comme une alternative aux formateurs et aux organismes de formation qui souhaitent poursuivre leur activité et/ou de conserver un lien avec leurs apprenants. Qu’il s’agisse de formation professionnelle ou […]

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— mise à jour de l’article le 28 juin 2021 —

En ces temps de confinement dû à la crise sanitaire, l’e-learning apparaît plus que jamais comme une alternative aux formateurs et aux organismes de formation qui souhaitent poursuivre leur activité et/ou de conserver un lien avec leurs apprenants. Qu’il s’agisse de formation professionnelle ou d’éducation plus classique, l’e-learning a connu un véritable essor. Les élèves de collèges, de lycées, d’écoles et d’universités ont également dû s’adapter et avoir recours aux classes virtuelles dans le but d’assurer une certaine continuité pédagogique.

Parce qu’elle suscite des interactions entre participants et intervenants, la classe virtuelle permet de pallier le manque de motivation et d’engagement des apprenants amenés à suivre des formations à distance. Comment animer une classe virtuelle, quels sont les facteurs de succès à cette fonctionnalité e-learning, comment se déroule ce type de formation à distance : on vous dit tout dans notre article !

Qu’est-ce que la classe virtuelle ?

La classe virtuelle est le fait de rassembler des individus éloignés géographiquement au sein d’une plateforme en ligne qui permet à ces derniers de suivre des formations via un dispositif de visioconférence.

La classe virtuelle intègre également des outils d’échanges et d’interactions entre les apprenants et entre les apprenants et les formateurs. Cet accès à la vidéo permet d’humaniser davantage la formation à distance qui a tendance à susciter moins de motivation chez les participants que les cours en présentiel.

Pourquoi intégrer un outil de classe virtuelle dans un parcours pédagogique ?

La première raison à l’intégration d’une classe virtuelle dans un parcours pédagogique est l’interaction que permet ce format entre formateurs et apprenants et entre apprenants. Les éditeurs de plateformes e-learning intègrent de plus en plus ce type de fonctionnalités dans leurs logiciels. En effet, la classe virtuelle présente l’avantage d’animer les différentes formations.

Nous avons dressé une liste des principaux bénéfices qu’offre cet outil aux formateurs, animateurs et organismes de formation :

Une meilleure flexibilité : les formateurs/animateurs et stagiaires peuvent suivre une formation, quel que soit le lieu. En effet, il leur suffit de posséder une bonne connexion internet pour pouvoir se connecter à distance. De plus, la classe virtuelle peut être plus aisément adaptée aux emplois du temps des apprenants qui peuvent se connecter pendant leurs pauses quotidiennes ou durant leurs trajets ou congés. Enfin, l’accès à la classe virtuelle peut être permanent permettant aux participants de se connecter à tout moment de la journée.

Une diversité des activités proposées : les classes virtuelles sont intégrées au sein d’interfaces e-learning qui regroupent plusieurs types d’activités dont les quiz, cours en mobile learning, ateliers pratiques, fiches e-learning ou encore des sondages. Certaines interfaces e-learning proposent même des fonctionnalités issues des classes plus classiques telles que la possibilité de lever la main, de prendre la parole, de télécharger des documents nécessaires pour la formation, d’accéder à de nombreuses ressources, etc.

Des frais réduits par rapport à une classe en présentiel : la classe virtuelle permet de ne pas débourser les frais liés aux déplacements du formateur ainsi que les frais de locations de salle ou de restauration. De plus, les classes virtuelles sont souvent des fonctionnalités intégrées au sein de logiciels e-learning ce qui permet de limiter les coûts en matière d’outillage. De même, le nombre de participants à une formation donné n’est plus limité par le nombre de places disponibles dans une classe.

Comment préparer une classe virtuelle ?

Il ne suffit pas de disposer d’un bon micro, d’une caméra qui fonctionne et d’une bonne connexion internet pour pouvoir animer une classe virtuelle dans de bonnes conditions (même si évidemment, avoir un matériel de qualité est indispensable). Comme pour toute formation, l’animation d’une classe e-learning ne s’improvise pas et nécessite une bonne préparation en amont et le respect de certaines règles avant, pendant et après la formation.

Quelles actions mener avant le déroulement d’une classe virtuelle ?

  • En amont, préparer son cours en construisant un scénario adapté en fonction des spécificités de l’outil et de votre groupe d’apprenants.
  • Tester les outils : la plateforme e-learning sur laquelle aura lieu le webinaire ainsi que la caméra pour la vidéo ou le micro.
  • Composez un groupe homogène de stagiaires (avec des objectifs de formation similaires et les mêmes objectifs pédagogiques).
  • Limitez le nombre de participants à une classe virtuelle : on estime le nombre de participants idéal compris entre 1 et 10 participants maximum.
  • Préparez bien les documents à télécharger par vos apprenants et intégrez-les sur la plateforme afin qu’ils puissent être rapidement et facilement téléchargés.
  • Faites tester l’outil de classe virtuelle à vos apprenants et demandez-leur également de tester leur micro et leur caméra avant le début de la formation.
  • Faites des annonces régulières à vos apprenants [pour animer ce temps avant le début de formation]. Les plateformes e-learning intègrent souvent des forums de discussions qui vous permettent de publier ce type d’informations.
  • Animez le temps avant le début de formation en créant par exemple des questionnaires de satisfaction préformation ou encore de prévoir la révision de certains points de la formation en intégrant des cours en microlearning ou en créant des échanges sur des forums de discussions ;
  • Assurez-vous que vos apprenants puissent travailler dans de bonnes conditions et dans un environnement serein avec le moins de distractions possible [lorsque cela est possible].

Que faire au démarrage de la classe virtuelle ?

  • Présentez les objectifs de la formation ainsi que le déroulement de la classe virtuelle en annonçant les principales activités à réaliser, les temps nécessaires à y consacrer et les ressources à disposition ;
  • Présentez le programme de formation à vos stagiaires. Il est également préférable que ce document puisse être téléchargeable par vos apprenants ;
  • Informez vos stagiaires des règles à respecter pendant la classe virtuelle afin de leur indiquer par exemple quand et comment prendre la parole ou encore comment utiliser le chat ou forum de discussion et quels éléments peuvent être inclus ;
  • Incitez vos apprenants à se présenter et à présenter leurs parcours en créant un tour de table par exemple ;
  • Assurez une bonne gestion du temps : on estime que la durée d’une classe virtuelle se situe entre 1h et 1h30.

Comment conclure après la classe virtuelle ?

  • Après la classe virtuelle, n’hésitez pas à assurer un suivi des activités réalisées par les apprenants en mettant en œuvre des évaluations à froid. Ces questionnaires vous permettront d’identifier les points bloquants et d’améliorer le contenu de votre classe virtuelle mais aussi de cibler vos points forts ;
  • Donner un accès permanent aux ressources et contenus pédagogiques partagés pendant la classe virtuelle : documents à télécharger, vidéos e-learning, etc. SI tel n’est pas le cas, vous pouvez tout à fait enregistrer votre classe virtuelle [en informant en amont vos stagiaires] et leur donner un lien de téléchargement qu’ils puissent la télécharger et la visionner à leur guise.
  • Intégrer une activité ou un exercice permettant de synthétiser les principales informations ou éléments de votre classe virtuelle.

Comment animer une classe virtuelle ?

Il n’est pas aisé d’animer une classe virtuelle car cet exercice requiert à la fois de mobiliser des compétences pédagogiques, mais également de faire preuve de flexibilité afin de s’adapter à ce type de format. L’enjeu est d’assurer un maximum d’interactions avec les apprenants afin qu’ils demeurent motivés et ne décrochent pas de votre formation.

  • Privilégier un contenu visuel incluant des images ou des vidéos afin de susciter l’intérêt de vos apprenants. N’hésitez pas à varier les formats.
  • Mettez-vous à la place de l’apprenant. Ce dernier doit être au cœur du parcours pédagogique que vous avez créé. Ainsi, vous devez par exemple vous interroger sur ces motivations, ses attentes (en matière de contenus par exemple, mais également d’objectifs à atteindre) et vous renseigner sur ses craintes afin de pouvoir les rassurer en cas de besoins.
  • Préparez-vous et entraînez-vous à plusieurs reprises. En tant que formateur ou animateur d’une classe virtuelle, vous devez préparer votre discours afin qu’il soit adapté à votre audience. N’hésitez pas à vous préparer devant une audience factice ou devant vos proches afin de tester la viabilité de votre discours.
  • Privilégiez les échanges avec les apprenants. Intégrez des temps d’exposé théorique et des temps d’échanges. La classe virtuelle ne doit pas être l’occasion de réaliser un long monologue et d’afficher votre savoir, mais bien d’instaurer une interaction permanente avec vos stagiaires. Pour cela, nous vous recommandons de :
    • Poser régulièrement des questions aux apprenants.
    • Allouez des temps de parole à chacun de vos stagiaires.
    • Félicitez et encouragez vos apprenants.
  • Variez les activités proposées aux apprenants : les plateformes e-learning proposent une panoplie d’activités qu’il est possible d’intégrer dans votre classe virtuelle. Le plus important est de créer une dynamique de groupe et de stimuler vos apprenants. Pour cela, n’hésitez pas à diversifier les formats en mêlant vidéo, visuels [ou infographies] et documents textes à télécharger. Vous pouvez également inclure des sondages, des questionnaires en ligne ou encore des jeux pour y apporter un côté ludique.
  • Intégrez des séquences de travaux individuels et en groupe [par exemple en permettant la résolution de problèmes via un forum de discussion ou en intégrant des outils de mind mapping] et de prévoir dans votre programme de formation des temps dédiés aux exposés de vos apprenants.
  • Ne coupez pas la parole à vos apprenants : la bienveillance et la politesse sont indispensables pour animer des classes virtuelles. Vos apprenants doivent avoir le sentiment de pouvoir communiquer librement et partager leur point de vue.

Si elle est savamment intégrée au sein d’un parcours e-learning et si elle donne lieu à de véritables interactions et échanges entre apprenants, la classe virtuelle est un levier puissant et efficace d’acquisition des compétences et de partage des connaissances. Comme disait Winston Churchill « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». Créer un parcours de formation e-learning et animer une classe virtuelle constituent des défis à relever pour tous les organismes de formations, intervenants et formateurs indépendants. Mais, en s’entraînant et en se formant aux techniques d’animation de classes virtuelles, il sera possible de proposer un nouveau format à ses apprenants qui allient les avantages d’une formation en présentiel et les bénéfices des parcours e-learning.

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